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Arctique – La glace la plus épaisse se brise, une première

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Une fissure a été observée en juillet dans la banquise, laissant apparaître un large couloir de mer ouverte. Jusqu’ici, à cet endroit, la couche de glace comprimée par la gyre de Beaufort oscillait entre quatre et vingt mètres et était pratiquement impénétrable pour les brise-glaces. «Depuis que j’ai commencé à étudier la banquise dans les années 1970, c’est la première fois que je vois cela», a indiqué à Keystone-ATS, Konrad Steffen, directeur de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), en Suisse.

Cette année, les températures dans l’Arctique sont montées par deux fois à des hauteurs inhabituelles. En février, il a fait par moments plus de 5 degrés là où on enregistre d’ordinaire -20 degrés, et le mois de juillet a aussi été extraordinairement chaud. En cause, le «jet stream» polaire, un courant d’air en forme de vagues enrobant l’hémisphère nord et qui a apporté de l’air chaud de l’Atlantique. «C’est pourquoi nous avons eu ces températures anormalement chaudes dans l’Arctique», ajoute le Pr Steffen.

Réservoir d’eau chaude

Comme l’eau absorbe davantage d’énergie solaire que la glace qui la réfléchit, la mer se réchauffe, ce qui contribue à accentuer la fonte. Des chercheurs de l’Université de Yale rapportaient récemment dans la revue Science Advances la présence de grosses quantités d’eau chaude dans le bassin du Canada.

Ce réservoir de chaleur est encore piégé sous la surface, mais s’il venait à se mélanger avec les eaux proches de la surface, cela suffirait à faire fondre complètement la banquise arctique, avertissait la responsable de l’étude Mary-Louise Timmermans. «Nous savions déjà qu’avec le changement climatique, l’Arctique serait tôt ou tard libre de glace en été. Il semble que cela se produira beaucoup plus rapidement que l’on pensait», commente Konrad Steffen.

Jusqu’ici, il y avait la banquise permanente et la banquise annuelle, qui se reforme chaque année. Or, déjà maintenant, il n’y a presque plus que de la banquise annuelle, souligne le professeur.

Expédition suisse

On ignore encore si le phénomène constaté cet été se reproduira l’an prochain. Si c’est le cas, les chercheurs suisses seront aux premières loges puisqu’une nouvelle expédition du Swiss Polar Institute (SPI) va faire le tour du Groenland durant l’été 2019. L’absence de glace ou une couche plus fine pourrait même leur faciliter la tâche: «Pour certains tronçons, nous devons louer un brise-glace atomique car sinon nous ne pourrions pas passer à travers la glace», explique le Pr Steffen, qui est également directeur scientifique du SPI.

Économiser sur le coûteux brise-glace permettrait d’affecter les fonds à d’autres aspects de l’expédition, dit-il: «Nous serons le premier navire de recherche à aller dans ces régions, dont on n’a que peu de mesures de température et de salinité». Des études sur les courants marins sont notamment prévues. Elles permettront de mieux comprendre pourquoi la glace se brise. La GreenLAnd Circumnavigation Expedition (GLACE) se déroulera sur une soixantaine de jours entre la fin juillet et la fin septembre 2019.

L’expédition permettra de récolter des échantillons aussi bien atmosphériques qu’océaniques et terrestres. Le périple comptabilisera près de 13 500 kilomètres.

(L’essentiel/ats)



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