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ASSEMBLEE GENERALE ONU: le message subtile de Kagamé…à l’Afrique

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Le grand raout diplomatique a commencé aux Nations unies. Dans le cadre de la 73ème Assemblée générale de l’instance onusienne, les dirigeants venant des quatre coins de la planète vont se relayer à la tribune. Et le premier dirigeant du continent à s’y exprimer cette année, c’est Paul Kagamé, du fait notamment de ses responsabilités de président en exercice de l’Union africaine. Le président rwandais en a profité pour envoyer un message à ses homologues du continent africain. Mais comme s’il avait conscience de la susceptibilité chez certains, il y est allé avec une dose suffisante de subtilité. En effet, on peut certes penser qu’en affirmant que l’Afrique n’a plus autant besoin de médiation étrangère, qu’il s’adressait aux anciennes puissances coloniales. A l’évidence, il y a bien de cela. Mais pas que. Paul Kagamé invitait aussi à l’occasion les dirigeants du continent qui ne l’ont pas fait encore à opérer les mutations qui permettraient de se passer de ces fameuses médiations extérieures.

 »L’Afrique aux Africains » est une sorte de leitmotiv et de mot d’ordre en vogue en Afrique. Surfant sur une fibre nationaliste qui se réveille pour notamment tenir tête au repli sur soi de retour en Europe et aux Etats-Unis, les dirigeants africains ressassent ce slogan au gré des discours. Par le verbe et les belles phrases, ils promettent d’éradiquer le néocolonialisme et la condescendance des responsables occidentaux. Mais à la différence des autres, Paul Kagamé y va avec réalisme. Il est vrai qu’avec le dégel désormais effectif entre l’Ethiopie et l’Erythrée, il y a de quoi se réjouir et espérer en l’Afrique. Cependant, le dirigeant rwandais a pleinement conscience qu’il y a d’autres défis que l’Afrique ne saurait gérer seule. Selon lui, la Centrafrique et la Libye sont au nombre des malades du continent dont la prise en charge nécessitera un apport extérieur. Mais cela ne change rien au fait que l’Afrique doit tendre à une situation où elle devra se prendre en charge. C’est là le message qu’il convient de retenir de son discours. D’autant qu’il sous-entend une mutation profonde chez bon nombre de responsables africains.

Boubacar Sanso Barry

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