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Belgique/Syrie – Yasmine, libérée de Syrie, est arrivée en Belgique

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Le 20 septembre 2017, la Belgique découvrait à la télévision le témoignage d’une maman confiant sa détresse. Fin mai, sa fillette avait été emmenée par son papa, dont elle est séparée, pour rejoindre des combattants jihadistes en Syrie. Présenté par les médias belges comme un délinquant radicalisé en prison, le père a fui Bruxelles dans des conditions rocambolesques. Sous surveillance électronique pour purger sa peine pour un délit de droit commun, il a réussi à traverser les frontières en autocar avec sa fille alors âgée de 3 ans et une adolescente de 14 ans enceinte, probablement sa nouvelle compagne.

Une procédure pour «rapt parental» est alors ouverte par le parquet de Bruxelles. À la chaîne RTL-TVI ce jour de septembre, la mère de Yasmine explique avoir en vain négocié à distance avec «ces personnes qui détiennent (sa) fille» et en appelle au gouvernement. Yasmine est alors retenue dans un camp jihadiste dirigé par le Franco-Sénégalais Oumar Diaby dans la province syrienne d’Idleb, tout près de la frontière turque. Connu aussi sous le nom d’Omar Omsen, à la tête d’une brigade affiliée à Al-Qaïda ayant recruté de nombreux Français et Belges, ce dernier a réclamé en vain jusqu’à 50 000 dollars pour rendre la fillette.

Discrétion

À la mort du père de Yasmine, tué en décembre 2017, la situation reste bloquée. Omar Omsen et son groupe assurent respecter «la volonté du père» en gardant la fillette. À l’été 2018, selon une source proche du dossier, la mère rejoint l’est de la Turquie pour se rapprocher de sa fille. Elle continue de négocier âprement par le biais de multiples intermédiaires, parmi lesquels des proches d’un autre recruteur de jihadistes bien connu des justices belge et française, Bassam Ayachi, qui dirigea dans les années 1990 et 2000 un centre islamique dans la commune bruxelloise de Molenbeek.

La longue attente s’est dénouée lundi quand un groupe jihadiste a mis en scène devant les médias, à la frontière syro-turque, les retrouvailles de la fillette vêtue d’un blouson rose avec sa mère. Le retour par avion à Bruxelles s’est ensuite fait dans la plus grande discrétion mardi en fin d’après-midi, loin des caméras. La justice a attendu l’arrivée pour l’annoncer et a livré une communication a minima, centrée sur la prise en charge médico-psychologique de l’enfant.

(L’essentiel/afp)

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