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CHASSE AUX FICTIFS : le SLECG se prépare…

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Même si les enseignants sont encore en proie à l’ambiance festive consécutive au dénouement de la crise entre le SLECG et le gouvernement, ils ont cependant conscience que les résultats ultimes de leur bataille dépendent de la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 10 janvier 2019. Ainsi, à l’Assemblée générale de ce samedi, il était essentiellement question du prochain contrôle au sein de l’effectif des enseignants. Contrôle qui devrait permettre d’identifier et dégager des ressources à répartir ensuite à ceux des enseignants  qui auront démontré de leur régularité.    

Mais bien avant, le secrétaire général du SLECG est revenu sur les raisons qui ont conduit son syndicat à consentir à la suspension de la grève, sans qu’il n’ait obtenu le salaire de base qu’il exigeait pourtant.  « On a changé de stratégie parce que nous avons pitié de nos enfants. Nous sommes soucieux de l’avenir de ce pays. Nous ne voulons pas aller à l’année blanche. C’est pourquoi nous avons accepté d’aller au recensement (contrôle) », explique-t-il.

Et justement, en prélude à ce contrôle, Aboubacar Soumah invite les enseignants à la prudence. Il leur suggère notamment qu’ « avant que la mission (de contrôle) n’arrive, chaque établissement (puisse) fournir une liste exhaustive de tout le personnel d’établissement en fonction ». Ce, parce que selon lui, les complices des enseignants fictifs au sein du gouvernement « vont (se hâter de)  distribuer des actes de prise de service et des actes de mutation à d’autres personnes pour que ces dernières puissent se présenter à la place des personnes fictives »

Dans la même veine, il invite les enseignants à veiller à ce que le contrôle soit à la fois exhaustif et rigoureux. « Nous avons constaté que l’éducation était devenue une porte d’entrée à la fonction publique. Tous ceux qui ont migré par-là ont deux salaires : un à l’éducation et un autre là où ils sont partis. Donc, nous devons écarter toutes ces situations », préconise-t-il. S’adressant par ailleurs implicitement au gouvernement, il exige que le SLECG soit effectivement associé au contrôle en perspective. « Le département (de l’Education nationale, ndlr)  a envoyé des circulaires pour commencer le recensement avant nous. Aucun enseignant ne doit se prêter à ça. Nous avons dit que le recensement se fait avec le gouvernement, mais piloté par le SLECG », rappelle-t-il.


En tout état de cause, la grève n’est que suspendue, a-t-il tenu à préciser : « ils racontent que nous avons accepté ce qu’on a rejeté. On n’a pas renoncé aux 8 millions GNF. On a bien dit que l’argent qui doit être récupéré (à l’issue du contrôle) doit compenser les 8 millions ».

Son dernier message en direction des enseignants, Aboubacar Soumah l’a consacré à la reprise des cours. « Le lundi vous devez commencer les cours. Mais soyez prêts, lorsque un  élément de vérification, un outil qui nous permettrait de dénicher ces cas de fictifs manque, nous allons encore déclencher la grève », nuance-t-il néanmoins. Et en attendant, il invite les enseignants à repartir du point 0 des programmes. Ce que ces derniers promettent de respecter à la lettre. En tout cas, ils s’engagent à faire en sorte que les programmes soient épuisés, quitte à renoncer aux congés de pâques et à prolonger l’année scolaire jusqu’en août, si nécessaire.

Hawa Bah

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