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COLLOQUE DE N’DIAMENA : le discours de Mamane Sidikou

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A l’occasion de la cérémonie d’ouverture du colloque de validation du Document cadre de référence de la prévention et de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Sahel, le secrétaire permanent du G5 Sahel, est particulièrement revenu sur le caractère multidimensionnel de la problématique en débat. En effet, selon Mamane Sambo Sidikou, la radicalisation et l’extrémisme violent ne procèdent du désir funeste de propager la terreur. Dans le cas du Sahel en particulier, il pointe la pauvreté comme étant un terreau susceptible de favoriser la radicalisation et l’extrémisme violent. Bref, le secrétaire permanent attire l’attention des uns et des autres sur le fait que, selon lui, la lutte ne doit pas être que sécuritaire. De cette conception multidimensionnelle du phénomène, il découle que la bataille, elle aussi, doit s’inscrire dans une logique d’inclusion de toutes les composantes de la société et de coopération entre des partenaires bi et multilatéraux. Un aspect que le secrétaire permanent du G5 Sahel note en bonne place dans son discours que nous vous proposons ci-dessous.

Monsieur le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Coopération internationale et de la Diaspora,

Monsieur le ministre de l’Economie et du Développement de la planification,

Son Excellence Monsieur le Haut-représentant de l’Union africaine au Mali et au Sahel,

Madame la Cheffe du département des Affaires politiques,

Chers partenaires techniques et financiers,

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales et des corps diplomatiques et consulaires,

Monsieur le Directeur de NetworkSkills,

Messieurs les experts,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Mes premiers mots seront pour remercier les autorités tchadiennes, et tout particulièrement le ministre des Affaires étrangères d’avoir bien voulu accueillir ce cinquième colloque sur la radicalisation et l’extrémisme violent, organisé par nous-mêmes : G5 Sahel, MISAHEL, UNIWAS et certains de nos partenaires.

Comme vous le savez, nous arrivons au terme d’un long processus de maturation d’un projet important pour l’ensemble de nos institutions et qui porte sur la problématique de la prévention et de la lutte contre l’Extrémisme violent dans la région du Sahel.

Il y a quelques jours, à New York, je disais que l’absence de monopole de la force légitime crée une situation de violence qui érode le tissu social. Je disais aussi que le Sahel n’abrite pas d’extrémisme violent comparable à celui de l’Algérie des années 90 ou de l’Irak et de la Syrie des années 2010. Nous savons par ailleurs que la solution ne peut être que sécuritaire. C’est pour cela que le mandat du G5 Sahel repose sur la sécurité et le développement. N’oublions pas que la première violence dont souffrent les Sahéliens est la pauvreté, qui annihile la volonté et sape la dignité. D’où la nécessité d’une coordination de tous les instants entre tous les acteurs intervenants dans notre espace. Cette coordination est pilotée par la plateforme ministérielle de coopération que vous présidez, Monsieur le ministre des Affaires étrangères.

Il faut donc, pour lutter contre ce phénomène, une approche holistique, intégrée et concertée. Notre projet se situe dans cette démarche. Il est heureux et réconfortant de relever que nous sommes là devant un exemple à saluer de collaboration et de mise en synergie des ressources matérielles, humaines et financières entre la MISAHEL, le G5 Sahel, UNOWAS et les partenaires financiers qui nous accompagnent dans ce processus.

Dans le cadre de la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Sahel, l’Union africaine, le secrétariat permanent du G5 Sahel, avec l’appui de certaines partenaires ont en effet initié à partir d’octobre 2016, une série de colloques dont la finalité était d’arriver à élaborer une Stratégie régionale de prévention et de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent. Nos organisations ont pris conscience que la lutte contre l’extrémisme violent ne peut pas être le seul fait des autorités étatiques.

Sur la base des conclusions des colloques de Bamako et de Niamey, notamment l’analyse des causes et de la variété des approches ainsi que des pratiques en matière de prévention et de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, les deux organisations ont opté pour l’élaboration d’un « Document cadre » pouvant servir de référence et de guide pour l’élaboration des stratégies nationales de prévention et de lutte assorties de plans d’action. La démarche qui a été adoptée in fine a été de mener de front la rédaction du narratif de la stratégie à travers des prestations d’un consultant-indépendant et de poursuivre la série des colloques. Le colloque de N’diamena marque l’étape ultime de cette construction.


Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais terminer cette allocution sans remercier tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont accompagnés tout au long de ce travail important, complexe et difficile. Je veux parler :

  • Des ministres des Affaires étrangères qui ont rehaussé de leur présence les différents colloques de Bamako à Ouagadougou, des ministres de tutelle du G5 Sahel, des ministres en charge de la Sécurité, des Affaires religieuses et du Culte ;
  • De nos partenaires : le CAERT, l’UE, la Coopération suisse, l’US AID et bien d’autres partenaires sans lesquels ce projet n’aurait pas pu se réaliser ;

Merci également au cabinet NetworkSkills pour la qualité des prestations, aux personnes ressources qui ont marqué nos différents colloques par leurs expertises et leurs éclairages pertinents, à nos équipes qui ont travaillé d’arrache-pied sur le projet, à notre comité directeur pour son travail de suivi et de contrôle qualité , au comité d’organisation du G5 Sahel/MISAHEL ainsi qu’au comité local tchadien qui ont couvert de manière remarquable les aspects logistiques et matériels de l’événement.

Tout en renouvelant toute notre gratitude aux autorités tchadiennes pour leur accueil et leur hospitalité, je voudrais terminer en formulant le vœu que notre colloque définisse une feuille de route claire et réaliste pour la mise en œuvre des recommandations et conclusions qui vont sanctionner nos travaux auxquels je souhaite pleins succès.

Je vous remercie pour votre compréhension

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