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COUR CONSTITUTIONNELLE : « Il n’est pas souhaitable que les gens se taisent »

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Tout au début, la mobilisation a été timide par rapport à l’annonce de la révocation de Kéléfa Sall. De part et d’autre, on faisait valoir de l’hésitation et de la prudence. Mais la donne est en passe de changer. De plus en plus, les gens, comme s’ils venaient de réaliser l’ampleur de la crise, sortent de leur réserve et n’hésitent plus à prendre position. C’est le cas ici de Me Mohamed Traoré, la bâtonnier de l’ordre national des avocats. Profitant de la conférence de presse organisée hier par l’OGDH au sujet justement de cette crise à la Cour constitutionnelle et en attendant la sortie officielle du barreau, ce mardi, il invite les Guinéens à sortir de leur réserve habituelle. Lisez plutôt. 

Je pense qu’il n’est pas souhaitable que les gens se taisent en Guinée. Si tout le monde se tait, c’est très dangereux pour le pays. Il faut à moment que certaines personnes aient le courage de dire non. Il faut qu’il y ait des Guinéens qui peuvent avoir le courage de dénoncer lorsque ça ne va pas. C’est pour cette raison que le barreau de Guinée étant membre de la société civile, que nous allons examiner ces questions sur le plan strictement juridique et sans prendre position en faveur de M. Kelefa Sall ou des autres membres de la cour constitutionnelle. Il s’agit de défendre la légalité car, nous avons tous intérêt à ce que la légalité soit préservée et à ce que les institutions fonctionnent correctement. La cour constitutionnelle c’est l’institution qui est la gardienne de la constitution. Si elle se fourvoie elle-même, je me demande où est-ce qu’on va aller, parce que les décisions de la Cour sont sans recours. Maintenant, il faut éviter que sur la base de cela, les membres de la cour s’arrogent un droit qu’ils n’ont pas.  Dans la présente affaire, on a essayé de faire une conclusion entre la révocation de M. Kelefa Sall en tant que membre de la Cour constitutionnelle et son limogeage en tant que président de l’institution en parlant d’empêchement. Ils parlent (les conseillers frondeurs ndlr) d’incapacité physique et mentale à exercer cette fonction. Est-ce nous sommes dans ce cas aujourd’hui ? Si nous nous rendons actuellement à la Cour constitutionnelle, on se rendra compte que M. Kelefa Sall est physiquement et mentalement présent dans son bureau. Donc, il faut éviter qu’on nous fasse de la manipulation juridique pour des intérêts égoïstes qui ne sont pas ceux des Guinéens. Si nous baissons tous les bras, je pense que la Guinée va à la catastrophe et tout le monde en payera les frais, et c’est ce qu’il faut éviter. Si nous acceptons de compromettre l’avenir de notre pays  alors que nous sommes tous des pères de famille, nous compromettons l’avenir même de nos enfants. On a l’habitude de dire que les Guinéens sont devenus amorphes… donc il faut éviter que le réveil soit brutal.

Propos recueillis par Ibrahima Kindi Barry

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