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COUR CONSTITUTIONNELLE: une embûche sur la voie des conseillers frondeurs

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C’est certainement un obstacle que les conseillers qui prétendent avoir destitué Kéléfa Sall n’avaient pas prévu. Jusqu’ici, le débat a porté sur la pertinence ou non des motifs ou encore la validité de la procédure empruntée. Mais avec le pavé que vient de jeter le greffier en chef de la Cour constitutionnelle, c’est l’honnêteté des conseillers frondeurs qui se trouve davantage mise en doute. Bien sûr, cela se susurrait depuis le début. Mais c’est bien la première fois que Daye Kaba sort de sa réserve pour confondre les conseillers. En effet, il est clair et précis. Contrairement à ce qu’avaient indiqué les signataires de l’arrêt du 12 septembre, le greffier n’était pas de la partie et conséquemment, il ne peut attester de la validité des conclusions qui en sont issues.

Certes, on ne peut toujours pas dire que Kéléfa Sall est un gestionnaire saint. Mais désormais, il est au moins clair que les conseillers frondeurs, eux non plus ne sont pas aussi blancs qu’ils le prétendent. Déjà, quelques-uns d’entre eux étaient accusés d’avoir rejoint la Cour, alors qu’ils n’avaient pas l’âge requis. Une entrée par effraction que quelques-uns de leurs collègues avaient implicitement cautionnée. Puis, il y a eu cette procédure plutôt biaisée. Alors qu’il leur fallait saisir la Cour suprême pour qu’éventuellement cette dernière puisse constater le délit ou le parjure reproché à Kéléfa Sall, ils avaient choisi de le faire entre eux. Tout simplement. Comme s’ils doutaient des arguments qu’ils allaient faire valoir devant la Cour suprême.


Enfin, il y a cette lettre du greffier Daye Kaba. Un document qui, de la part des conseillers frondeurs, révèle une prédisposition à se rendre coupable de « faux » et « d’usage de faux« . En effet, prétendre qu’une personne à pris part à une rencontre, alors que tel n’est pas le cas, n’est pas digne de membres de la Cour constitutionnelle. Or, c’est ce que dit la lettre du greffier. Et c’est un grief qui vient renforcer les suspicions qui entourent la démarche des conseillers. Désormais, la dimension acharnement devient un peu plus évidente. Mais il reste à savoir si les conseillers choisiront de s’y plier par humilité ou s’ils poursuivront dans la logique de leur entêtement.

Boubacar Sanso BARRY

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