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CRISE DE BLE: « il a fallu la manière rotative »

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Les boulangers du pays crient à la rupture imminente de la miche de pain. Dans certaines villes du pays, on aurait même allègrement franchi le seuil critique. En cause, une crise du blé sur le marché, elle-même, consécutive à la suspension du débarquement du contenu d’un bateau au port autonome de Conakry. Le bateau en question aurait accosté la semaine dernière. Mais le processus de débarquement des sacs de blé aurait été stoppé net par l’intervention d’un opérateur économique qui estimait que sa propre cargaison en riz est restée trop longtemps en rade. Selon certaines sources, ledit opérateur économique aurait soudoyer des responsables pour ainsi chambouler les critères de débarquement. « Faux, les choses ne se sont pas passées comme ça« , rétorque sèchement un responsable du port que nous avons joint et qui a voulu garder l’anonymat.

Notre informateur qui en a particulièrement après les journalistes guinéens qui, dit-il, « versent un peu trop dans le sensationnel« , admet tout de même: « Il semble que des opérateurs économiques aient rencontré soit le président de la République, soit d’autres personnalités haut placées« . Aux autorités, les opérateurs importateurs de riz auraient fait part de leurs inquiétudes, à savoir qu’en raison du temps mis par leurs bateaux en rade, le pays risquait de se retrouver dans une crise de riz, « denrée de consommation principale du pays« . Quelques-uns parmi eux auraient même menacé de ne plus continuer à ravitailler la Guinée si de telles difficultés persistaient au point de menacer leurs cargaisons. « A ce rythme, les surestaries me coûtent plus cher que la marchandise« , aurait notamment allégué un d’entre eux au cours de la rencontre Aussitôt, des instructions auraient été données pour que la priorité soit tout de suite donnée aux navires contenant le riz.

A cette explication, notre interlocuteur rajoute une autre d’ordre pratique. « Notre port n’a que deux quais. Une partie est aujourd’hui occupée par le bateau-hôpital Mercy Ship pour six mois. Aussi, il nous a fallu faire les choses de manière rotative. Parce que si on permet à un seul bateau de débarquer l’intégralité de sa cargaison, cela risque de  provoquer des problèmes. Dans le cas d’espèce, si on avait permis au bateau de blé de débarquer tout son contenu, c’est une pénurie de riz qui en aurait résulté. Nous avons dû faire un choix. Surtout en cette période d’hivernage« .

Fatoumata Diaraye Diallo

623 06 67 93

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