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En France – Le mouvement des «gilets jaunes» se structure

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Baisse de «toutes les taxes» et création d’une «assemblée citoyenne»: après dix jours de mobilisation, une délégation de «gilets jaunes» veut nouer un contact «sérieux» avec le gouvernement, qui s’est dit «ouvert» au dialogue sous certaines conditions. Après plusieurs jours de blocages de dépôts pétroliers, supermarchés, axes routiers ou stations-services, le mouvement s’est doté d’une représentativité «apolitique» avec «huit citoyens» qui veulent porter une série de revendications et structurer une mobilisation protéiforme aux contours jusqu’à présent flous.



Aude: la propriété d’une députée LREM envahie par des «gilets jaunes»

La propriété viticole de la députée LREM, Mireille Robert, a été envahie vendredi soir près de Limoux (Aude) par une quarantaine de «gilets jaunes» encagoulés et casqués, qui ont ensuite enflammé des palettes avant de prendre la fuite, a-t-on appris samedi, auprès des gendarmes.

Une plainte pour «intrusion» a été déposée samedi matin, à la gendarmerie, par l’époux de la députée, propriétaire et gérant du domaine viticole, et une autre devrait suivre dans la journée par la parlementaire elle-même, a précisé à l’AFP le lieutenant-colonel Frédéric Jamilloux, porte-parole du groupement de l’Aude.


«Ce groupe a pour mission d’engager une prise de contact sérieuse et nécessaire avec les représentants de l’État et de son gouvernement», écrivent-ils dans un communiqué publié à la veille d’une intervention d’Emmanuel Macron visant à détailler et expliquer un «pacte social» d’accompagnement de la transition écologique. Parmi eux, deux des initiateurs du mouvement: Eric Drouet, chauffeur routier à Melun (Seine-et-Marne) qui avait lancé sur Facebook la mobilisation nationale du 17 novembre, et Priscillia Ludosky, à l’origine d’une pétition pour une baisse des prix à la pompe qui a recueilli plus de 980 000 signatures.

«Des porteurs de messages»

Après avoir consulté ses sympathisants sur Facebook, cette «délégation» adresse «deux propositions principales» au gouvernement: «Revoir à la baisse toutes les taxes» et créer «une assemblée citoyenne» pour débattre de la transition écologique, de la «prise en compte de la voix des citoyens», de l’augmentation du pouvoir d’achat ou encore de la précarité, est-il indiqué. Leurs revendications vont de la suppression du Sénat à la baisse des charges patronales en passant par une hausse du SMIC et des retraites, énumère le texte dont les auteurs affirment être des «porteurs de messages et (…) pas des leaders et des décisionnaires».

La représentativité de cette délégation risque toutefois de faire débat au sein d’un mouvement né sur les réseaux sociaux hors de tout cadre politique ou syndical et qui visait la hausse des prix du carburant, avant de s’étendre à la dénonciation de la politique fiscale. Interrogé sur cette initiative à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a assuré être “ouvert” au dialogue tout en posant des limites. “Si le mouvement dit des “gilets jaunes” a identifié des personnes qui portent des revendications (…), s’il y a une demande coordonnée qui est faite avec des propositions et une volonté de dialogue, nous avons ouvert la porte à ce dialogue”, a expliqué Benjamin Griveaux. Mais, a-t-il ajouté, «si les propositions reviennent à demander la dissolution de l’Assemblée nationale, la démission du président de la République (…), j’ai peur que nous ne puissions y répondre favorablement». Lundi, la place Beauvau recensait plus de 4 000 participants au mouvement des «gilets jaunes» en France.

(L’essentiel/afp)

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