Ultimate magazine theme for WordPress.

En Syrie – 200 morts en trois jours après un assaut de l’EI

8

Plus de 200 personnes, en majorité des combattants, ont péri en trois jours en Syrie dans une bataille déclenchée par un assaut du groupe État islamique (EI) qui a infligé ses plus lourdes pertes à une force soutenue par Washington, selon une ONG lundi. Cette bataille féroce qui a duré de vendredi à dimanche, dans un secteur de la province de Deir Ezzor, dans l’est du pays en guerre, démontre encore une fois la capacité de l’EI à frapper malgré les revers subis.

L’organisation jihadiste, qui défend son dernier carré dans cette province proche de l’Irak, a mobilisé 500 combattants dont des kamikazes dans l’assaut contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), fer de lance de la lutte contre l’EI et soutenues par la coalition internationale dirigée par les États-Unis, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les attaques contre des positions des FDS, composées essentiellement de combattants kurdes, dans plusieurs villages, ont provoqué des combats acharnés. Les jihadistes ont finalement dû se retirer après une contre-attaque des FDS appuyées par l’aviation de la coalition, a précisé l’ONG.

Pas une tâche facile

L’OSDH a fait état de la mort de 92 membres des FDS, de 61 jihadistes et de 51 civils, dont 19 enfants, qui seraient des membres des familles des combattants de l’EI. Les pertes des FDS sont les plus importantes jamais infligées par l’EI à cette alliance en une seule bataille, a précisé la même source. Les FDS qui veulent chasser les jihadistes de leur dernier réduit composé notamment des localités de Hajine, Soussa et Al-Chaafa, rapportent rarement les pertes dans leurs rangs. Un porte-parole des FDS avait confirmé «une série d’attaques» de l’EI mais assuré que les «terroristes» avaient essuyé des pertes humaines et battu en retraite. De son côté, la coalition antijihadistes menée par Washington a affirmé avoir dû limiter ses frappes aériennes en raison des conditions climatiques.

Pour Tore Hamming, spécialiste du jihadisme à l’European University Institute basé en Italie, «il serait erroné de penser que chasser l’EI de toutes ses positions dans l’est de Deir Ezzor serait une tâche facile». «La région est un mélange de zones désertiques et de petites localités, ce qui rend extrêmement difficile son isolement par rapport à d’autres villes comme Mossoul (Irak) et Raqa (Syrie), plus faciles à encercler». Les jihadistes «connaissent très bien la région» et «savent qu’ils seront soit tués, soit capturés (…)». Les FDS mènent depuis septembre une offensive contre l’ultime réduit de l’EI dans Deir Ezzor. Elles avaient été contraintes fin octobre de reculer et céder toutes les positions conquises auparavant, après des contre-attaques meurtrières de l’EI. Peu après, les FDS avaient annoncé un arrêt temporaire de leur offensive, en raison de bombardements menés par leur ennemi turc, contre des positions militaires kurdes dans le nord syrien. Dix jours plus tard toutefois, l’opération à Deir Ezzor avait été relancée.

(L’essentiel/afp)

commentaires