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États-Unis – Pourquoi destituer Trump qui «fait du super boulot»?

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Plus que jamais embourbé dans les crises diverses et variées, Donald Trump en avait visiblement gros sur la patate, jeudi soir lors d’un meeting à Billings (Montana). Tout en essayant de convaincre le public de voter républicain lors des élections de mi-mandat de novembre, le président américain s’est mis à spéculer sur une éventuelle destitution. «Ils aiment utiliser le mot «destitution», «destituons Trump!» Mais moi je dis, comment destituer quelqu’un qui fait du super boulot et qui n’a rien fait de mal?», a-t-il répété en boucle, semblant chercher l’approbation de l’audience.

Dans la foulée, Trump a continué d’imaginer à haute voix ce qui se passerait s’il était démis de ses fonctions: «Washington, c’est un sacré endroit. Je me disais que si cela arrivait, chaque fois qu’un républicain ou qu’un démocrate est élu président… disons que si un jour un démocrate est élu et que nous avons une Chambre républicaine, nous destituerons ce démocrate, et ensuite un républicain. C’est tellement ridicule. Mais si cela arrive, ce sera de votre faute parce que vous n’êtes pas allés voter», a lancé Trump aux électeurs.

Des élections cruciales

Son nom ne sera inscrit sur aucun bulletin de vote, mais sera dans tous les esprits. Donald Trump se prépare à des élections cruciales au congrès, qui donneront le ton de la deuxième partie de son mandat à la présidence des États-Unis. Dans deux mois, tous les Américains sont appelés aux urnes pour la première fois depuis le 6 novembre 2016, date d’une soirée électorale à jamais gravée dans l’histoire américaine puisqu’elle a propulsé l’impétueux milliardaire de New York à la Maison-Blanche.

En jeu: tous les sièges de la chambre des représentants, un tiers de ceux du Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d’États. Les républicains, aujourd’hui aux commandes du congrès, jouent gros. Si un basculement du Sénat semble a priori peu probable, les sondages dessinent une «vague bleue» pour la chambre des représentants. Le dernier en date, réalisé pour Washington Post/ABC, donne un clair avantage aux démocrates. Si les élections avaient lieu aujourd’hui, 52% des électeurs inscrits voteraient pour un de leurs candidats, contre 38% pour un candidat républicain.

Signaux économiques au vert

Fait notable, 58% des Américains jugent que la situation économique des États-Unis est «bonne» ou «excellente». De fait, nombre d’indicateurs de la première puissance mondiale sont au vert: taux de chômage au plus bas depuis 18 ans, à 3,9%, croissance de 4,2% en rythme annuel. En dépit de ces chiffres flatteurs, le «Grand Old Party» est en difficulté, un relatif paradoxe qui met crûment en relief l’impopularité de Donald Trump. L’élection est encore loin d’être jouée, met cependant en garde Larry Sabato, directeur du centre politique de l’université de Virginie, rappelant combien «l’ère Trump est tumultueuse».

Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place tant il peine à répondre, à court terme, à l’excitation et aux attentes démesurées propres à une campagne électorale. Deux ans après l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, les démocrates avaient ainsi subi une cuisante défaite, payant en particulier les âpres débats autour de la réforme du système de santé.

(L’essentiel/joc/afp)

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