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France – Emmanuel Macron «paye sa tournée» dans un bar

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Le chef de l’Etat s’est arrêté vendredi au Café de la Place de Bully-les-Mines (13 000 habitants), où il s’était déjà rendu pendant la dernière campagne présidentielle. «J’avais dit que je reviendrais, on est de retour», a-t-il lancé avant d’annoncer qu’il allait «trinquer un coup avec tout le monde» et «payer (sa) tournée».

Il est passé derrière le comptoir, où il s’est fait servir une bière et d’où il a demandé à la cinquantaine de personnes présentes de «lui dire les choses», alors que la première question tardait à être posée, dans une atmosphère calme. Le maire de Bully, François Lemaire, lui a remis un courrier au nom de ses concitoyens dont certains «se tournent vers la désillusion et le défaitisme».

Bully-les-Mines avait voté au second tour de l’élection présidentielle de 2017 à 59,2% pour Marine Le Pen, la candidate du Front national (FN, devenu Rassemblement national depuis), et le candidat du FN Bruno Bilde avait été élu député de la circonscription lors des législatives de la même année.

Baisses de charges pour les indépendants, investissements dans la formation des jeunes et des chômeurs, réforme des retraites: Emmanuel Macron a de nouveau tenté de faire oeuvre de pédagogie.

Quant à l’appel à la mobilisation contre la hausse des prix des carburants le 17 novembre, il a assuré que «ce n’est pas une date pour le gouvernement». «Je me méfie toujours de ces mouvements où on mélange tout; il y a beaucoup de gens qui veulent tout bloquer», a-t-il dit. Le chef de l’Etat a été applaudi à l’issue de cet échange d’une vingtaine de minutes, et a réaffirmé qu’il serait «mobilisé jusqu’au bout».

Avant de quitter les lieux, interrogé par un journaliste sur les territoires qui ont basculé côté Rassemblement national, il a estimé que cela «montre que le système a basculé quand on refusait de voir la réalité en face, les défis, et qu’on était dans des systèmes qui s’étaient installés dans une forme de clientélisme, dans des réponses qui n’étaient plus adaptées, qu’on ne projetait plus les gens dans un avenir du territoire, ce sont les extrêmes qui l’ont emporté».

«Ce territoire a basculé mais je sais contre qui j’étais au deuxième tour de la présidentielle, je sais qui aujourd’hui est très haut dans les sondages aux élections européennes», a-t-il déclaré en référence au parti de Marine Le Pen. «La clé, c’est de regarder les réalités du territoire en face, d’apporter des solutions concrètes, porter une ambition et parler d’avenir, pas d’expliquer aux gens qu’on va leur réinventer la vie d’il y a trente ans, ça n’est pas vrai», a-t-il conclu.

(L’essentiel/afp)

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