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GUINEE : à la grogne sociale pourrait s’ajouter un déluge politique

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En mars dernier, Alpha Condé et son gouvernement l’avaient déjà expérimenté quand, d’une part, ils avaient dû faire face à la grève particulièrement suivie du SLECG d’Aboubacar Soumah, et que d’autre part, en raison du contentieux né des élections communales, l’opposition, elle aussi, avait demandé à ses militants d’investir la rue. C’est d’ailleurs cette convergence des luttes qui avait donné à ce contexte de tension tout son sens aigu. Eh bien, il n’est pas exclu que le nouveau gouvernement, à peine installé, puisse revivre la même situation, dans les tout prochains jours.

Pour ce qui est du front social, il est déjà en action. Consécutives à l’augmentation unilatérale des prix des produits pétroliers par le gouvernement, dans la nuit du dimanche dernier, les protestations partant aussi bien de la société civile que du mouvement syndical. Ainsi, en ce qui concerne les forces sociales, après la journée ville morte d’hier, on annonce déjà une grande manifestation pour le mardi 10 juillet 2018. Or, en raison du malaise social très marqué, il n’est pas exclu que l’appel rencontre un certain succès. Parallèlement, les deux principales centrales syndicales, à savoir la CNTG et l’USTG, pour leur part, ont déclenché une grève de trois jours dont la première journée d’hier, aura été plutôt suivie. Là aussi, les meneurs promettent de renouveler l’appel si au terme du premier coup de semonce, la partie gouvernementale ne se montre pas compréhensive.

Quant au front politique, on sent là aussi quelques agitations. Pour des raisons différentes cependant. L’annonce, le lundi dernier, par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le général Bouréma Condé, de la volonté des autorités d’installer les conseils communaux dans les collectivités ne faisant pas l’objet de litige, ne fait pas l’unanimité. Même l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré, proche du gouvernement, ne partage pas l’option. Pour sa part, en l’absence de Cellou Dalein Diallo, Fodé Oussou Fofana dit attendre le ministre de l’Administration du territoire de pied ferme. Autant dire que la perspective n’a rien de réjouissant.


Finalement, pour Ibrahima Kassory Fofana, le nouveau premier ministre, la période de grâce pourrait être plus courte qu’on ne l’aurait imaginée.

Boubacar Sanso Barry

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