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Insolite – Une famille sillonne le monde dans un vieux tacot

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Du désert d’Atacama aux terres Masaï en passant par la campagne bretonne, des Argentins et leurs quatre enfants nés sur la route poursuivent un «rêve» de six mois… qui dure depuis 18 ans. «Notre plan de départ était d’aller jusqu’en Alaska à partir de l’Argentine avec 3 000 euros», raconte Candelaria Chovet-Zapp, 48 ans. Mais ce «rêve» qu’elle avait imaginé avec Herman son mari a pris une tout autre tournure.

Une connaissance entend parler du projet de voyage et leur propose une voiture. «On devait partir avec un sac à dos, je lui ai dit non. Il m’a dit d’au moins venir la voir et je suis tombé amoureux de cette voiture», confie Herman Zapp, 50 ans. «Sans aucune notion de mécanique», le couple se retrouve le 25 janvier 2000 embarqué dans une Graham-Paige bleu nuit. «Nos familles nous ont pris pour des fous et se sont dit: dans deux jours, on viendra les remorquer», déclare l’Argentin.

Avec son moteur grinçant, la berline américaine n’est plus de première jeunesse. A Montauban-de-Bretagne (ouest de la France), près de Rennes où la famille a fait halte, les curieux s’attroupent autour de la voiture qui est coiffée d’une tente sur son toit. Un autocollant «Family driving around the world» («Une famille conduisant autour du monde») entoure le véhicule.

«Le premier jour, on n’avait pu faire que 50 kilomètres. Nous sommes tombés en panne», se souvient Herman. Trois frères rencontrés sur la route décident de les aider. «Quand je leur ai demandé combien allait me coûter la main-d’œuvre, ils ont répondu nous n’allons pas te faire payer, nous voulons faire partie de ce rêve». «Les premiers anges de notre aventure nous attendaient», se rappelle l’ancien électricien.

Bonnes étoiles et partage

De bonnes étoiles jalonneront plus de 385 000 km parcourus sur les cinq continents. Au Pérou, une famille leur offre son «unique morceau de viande». «Avant de dormir, ils nous ont laissé leur lit et ont dormi sur le sol. Le lendemain avant de partir, ils se sont excusés parce qu’ils n’avaient pas plus à nous donner», relate Herman. Au Soudan pendant le Ramadan, ils se voient inviter à partager l’iftar, le repas de rupture du jeûne. «On ne pouvait pas communiquer mais un sourire suffisait». «Ce qui nous a fait poursuivre notre voyage, ce sont nos rencontres», explique Herman qui est hébergé en Bretagne par une famille franco-argentine qui les a contactés via les réseaux sociaux.

La famille Zapp s’est agrandie au fil du voyage: Pampa, 16 ans, née aux États-Unis, Tehue, 13 ans, en Argentine, Paloma, 10 ans, au Canada et Wallaby, 9 ans, en Australie. Les enfants suivent des cours par correspondance qu’ils combinent joyeusement à leur voyage. «On a passé des heures au Louvre», confie la jeune Paloma. Un professeur en ligne interroge Pampa: «Où se trouve la montagne la plus haute?». «J’ai répondu, l’Everest, juste derrière moi», alors qu’ils séjournaient au Népal, relate-t-elle. Tehue a créé une BD basée sur les aventures de la famille au Zimbabwe «lorsqu’un singe a volé notre sucre».

Herman et Candelaria avaient économisé «pour six mois, mais le voyage a continué 18 ans avec quatre enfants!». À court d’argent en Amazonie, Candelaria se met à l’aquarelle. «Pour moi, voyager c’est grandir en même temps. Les choses que j’ai pu accomplir, jamais je n’aurais pensé en être capable si j’étais restée chez moi», assure cette ancienne secrétaire.

En Colombie, le couple commence à conter son aventure. Le livre «Atrapa tu sueno» («Attrape ton rêve»), traduit en anglais et français, permet aux Zapp de financer la fin de son périple. La famille s’est donné une ultime année pour rentrer en Argentine, via le Maroc et les Canaries avant d’embarquer dans un bateau pour la Guyane française. «En rentrant, on va mettre fin à notre rêve», ce qui permettra «le début d’un autre». «Nous aimerions créer un club de rêveurs…», confie Herman.

(L’essentiel/afp)

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