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KANKAN/CARBURANT : l’augmentation des prix ne passe pas

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Il n’y a pas qu’à Conakry où l’augmentation du prix des produits pétroliers irrite. A Kankan aussi, la décision est des plus incomprises. Toutefois, dans cette ville, capitale d’une région traditionnellement acquise au RPG-arc-en-ciel du président Alpha Condé, il y en a qui font dans la résignation.

Certes, du côté du gouvernement, on ne manque point d’argument pour expliquer la nécessité de l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Mais à Kankan, aucune des raisons avancées ne passe aux yeux des populations. César Sow est un de ceux qui ne comprennent surtout pas l’ampleur de la hausse.  « Cette augmentation du prix du carburant ne saurait nous arranger. Nous sommes très déçus par cette mesure que je trouve par ailleurs, drastique. Au moins, on aurait pu l’accepter si l’augmentation était de 500 ou tout au plus de 1000 GNF. Mais 2000 GNF, c’est trop pour nous ! » Toutefois, César envisage la suite avec un brin de résignation : « Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Les plus forts ont décidé et nous les plus faibles, on va subir comme d’habitude », rumine-t-il.

Etudiant à l’université Julius Nyéréré de Kankan, Kémo Kamara n’est pas non plus sûr de changer grand-chose à la décision du gouvernement. Cependant, il tient à faire part de son désaccord, mais aussi de sa déception. « C’est une décision purement insensée. Aucun argument ne peut expliquer cette montée du prix du carburant. Ils n’ont vraiment pas pensé à la souffrance des gens avant de prendre une telle décision. Si c’est ce qu’ils appellent un gouvernement proche du peuple et à l’écoute de la majorité silencieuse, on n’est pas d’accord et il faut qu’ils le sachent », martèle au comble de la colère.


Enfin, Baka Kaporo, taxi-maitre dans la commune urbaine ne se pose pas de question. Partant du principe que la balle est partie, il se borne juste à répercuter la hausse sur les frais de transports qu’il demande aux passagers. Sans aucune gêne, il confie ainsi : « Puisque le prix du carburant a été élevé, moi aussi j’ai ajouté 2000 GNF sur le transport. Les tronçons qui coûtaient 2000 sont à 4000. C’est ce qu’ils ont voulu, alors on ne peut faire autrement », tranche-t-il.

Cheick-Sékou BERTHE correspondant régional www.ledjely.com.

Contact : 620 008 985.

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