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KASSONYAH : le film de la tragédie

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La désolation était encore au comble, ce jeu 5 juillet 2018, dans les environs de pont de Kassonyah, à moins d’un kilomètre de la nationale  Km36- Coyah.  La collision entre deux pirogues, survenue dans la soirée du mercredi,  a fait plusieurs portés disparus. Et,  pendant que les  parents  des victimes pleurent sur le quai, des jeunes plongeurs tentent de remonter les corps. 

«  C’est la barque motorisée  transportant une vingtaine de personnes qui a heurté une navette ayant à son bord quatre passagers.  Dans la panique qui s’en est suivie,  les passagers de la navette, pour se sauver,  se sont accrochés à l’embarcation qui a percuté leur navire. Au bout du compte, les deux pirogues ont chaviré », explique Ousmane Tolo Sylla, vice-président du conseil de quartier de Kassonyah, au bord de la consternation. Selon lui, au moins 20 personnes ont été sauvées dans les minutes qui ont suivi le naufrage. « Mais jusqu’à présent, quatre personnes n’ont pas été retrouvées », précise-t-il.

Alors que les plongeurs sont dans l’eau, une femme d’une soixantaine d’années arrive en pleurant. Depuis hier, en effet, elle a  envoyé sa fille lui acheter des condiments au  Km36. « Toute la nuit, son numéro est resté injoignable », explique-t-elle. A son avis, Boutouraby, sa fille, pourrai bien être parmi les disparus. « Si les prévisions de la dame s’avéraient, le nombre de disparus sera dorénavant de cinq personnes », déclare le conseiller du quartier.

Pour Aboubacar Yattara, citoyen de Kassonyah, le nombre de disparus peut bien évoluer. «  Ils embarquent des gens sans compter. Kassonyah est très peuplé. Et les gens sont toujours là pour passer d’une rive à une autre. Et cela fait le bonheur des piroguiers puisqu’ils demandent 2000 GNF par personne», dit-il.  Selon lui, la navigation de la pirogue qui a causé l’accident était assurée par  un garçon de 12 ans à peu près.


Pendant qu’il était 10h, les plongeurs se battaient encore pour retrouver des corps. « Ils ont certainement été transportés ailleurs », a conclu  Ibrahima Sory, citoyen de Kassonyah. A l’en croire, la dernière fois que le naufrage a eu lieu à ce niveau, des corps avaient été retrouvés à Gbéssia.

Aux dernières nouvelles, le corps d’un enfant a été repêché après que notre reporter ait quitté les lieux.

Gilles Mory Condé

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