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KINDIA: l’accès des personnes handicapées aux soins de santé en débat

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Le vendredi 14 septembre, Kindia a abrité un atelier de restitution de l’étude sur « les facteurs d’exclusion des personnes porteuses de handicap à l’accès aux soins de santé dans les régions de Kindia, Mamou, Labé et Faranah« . Conjointement menée par Eco Consult et Health Focus, l’étude résulte d’un financement de la GIZ. Et des résultats qui en sont issus, on peut retenir que les Personnes porteuses de handicap (PPH) n’ont relativement pas accès au soins de santé. Une problématique que les consultants expliquent par un certain nombre de facteurs aussi bien structuro-économiques que socioculturels. Etaient conviés à l’atelier des représentants du personnel sanitaire, des structures d’encadrement et de promotion des droits des personnes handicapées ainsi que des cadres du ministère de l’Action sociale,  de la Promotion féminine et de l’Enfance.

Dans le rapport produit par les consultants, on peut lire: « Certaines personnes handicapées sont considérées par leur milieu d’origine comme des envoutées et des possédées par les démons et/ou des personnes qui portent le fardeau d’un péché » A lui seul, cet extrait illustre le poids de la perception dévalorisante que la société peut se faire du handicap et de ceux qui en sont victimes. Or, des discussions entre participants à l’atelier, il est ressorti que cette perception empirique est de beaucoup dans la marginalisation des PPH en Guinée. D’autant que ce regard stigmatisant, il est quelque fois jusque dans les familles des personnes handicapées. Il s’y ajoute, selon l’étude que le personnel de santé n’est pas toujours préparé à accueillir/recevoir les patients handicapés. Ces derniers, eux-mêmes, ayant une certaine conception de leur corps ou de la maladie dont ils peuvent être victimes, rechigneraient à se laisser consulter par n’importe qui. De fait, quelques-uns recourraient à la médecine traditionnelle ou à l’automédication.

Encore que selon l’étude, la pauvreté des ménages ou des personnes handicapées elles-mêmes, les problèmes de transport (engins vétustes, routes en mauvais état,…), le déficit d’informations ou encore le caractère inaccessible des structures de santé font que très peu de PPH ont accès aux soins de santé. En filigrane, les participants ont également relevé l’absence des mécanismes de protection sociale et l’analphabétisme comme des facteurs pouvant rendre compte du faible accès des personnes handicapées aux soins de santé en Guinée.


Aussi, partant de ces constats, les participants ont, entre autres, recommandé:

  • la sensibilisation de l’ensemble des communautés en mettant un accent particulier sur les familles des personnes handicapées, quant aux droits de celles-ci
  • La scolarisation des personnes handicapées
  • La formation et la sensibilisation du personnel de santé
  • L’information des leaders communautaires sur les droits des PPH
  • Une plus grande appropriation de la lutte par les organisations de défense des droits des personnes handicapées

Enfin, les participants ont unanimement salué et recommandé la vulgarisation d’une initiative qui fait déjà ses preuves au Centre de santé de Manquepas (Kindia). En effet, selon le chef de centre, Dr. Alpha Ousmane Barry: « Au niveau de notre centre, pour l’accueil des patients, nous avons institué un système de tickets. Nous avons 60 tickets que nous remettons aux patients en fonction de leur ordre d’arrivée. Mais les personnes handicapées et les femmes enceintes ne sont pas soumises à cette organisation. Ce qui fait qu’une personne handicapée ou une femme enceinte sont prioritaires. Dès qu’elles s’annoncent, nous les prenons en charge sans attendre quoi que ce soit »

Boubacar Sanso BARRY

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