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KOFFIVI ASSEM: « Le livre de jeunesse a de l’avenir en Afrique »

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A la fois éditeur et auteur de livres pour enfants, Koffivi Paulin Assem connait bien le monde de la littérature dédiée aux tout-petits. Directeur général de « AGO Média », une agence de communication et une société de production et de diffusion de bandes dessinées et de films d’animation basée à Lomé (Togo), il reste foncièrement optimiste quant à l’avenir de la littérature de jeunesse sur le continent africain. Ce, même s’il ne méconnaît guère les problèmes dont un des plus manifestes demeure le désintérêt des Etats pour le secteur du livre en général et pour celui à destination des enfants en particulier. Mais il pense qu’en raison de l’intérêt croissant que les enfants eux-mêmes ont pour les livres, un effet d’entrainement finira par se créer. Il l’a dit au micro de notre rédaction, en marge du Salon international du livre de jeunesse de Conakry.  

Comment définiriez-vous un éditeur de livre de jeunesse par rapport à un éditeur classique ?

La particularité de notre métier est que nous nous adressons à un public qui peut être aussi jeune qu’adulte. Celui qui fait un livre ordinaire s’adresse juste aux personnes qui peuvent prendre goût au livre sans faire attention aux jeunes. Nous qui écrivons pour la jeunesse, choisissons des dessins pour faire la médiation entre le livre et les jeunes, ensuite une langue accessible aux jeunes.

Dans votre propre pays, le Togo, quelle place l’édition du livre de jeunesse occupe-t-elle ?

Le livre de jeunesse n’existait pas jusqu’aux années 90 où il a été soutenu par l’agence de la francophonie. C’est ainsi que tous les éditeurs ont commencé à éditer des livres de jeunesse. Mais dans les années 2000, les subventions se sont arrêtées et le livre est devenu à nouveau quelque chose de rare. Donc en général, le livre de jeunesse a existé, et nous sommes dans une sorte de survie actuellement dans notre pays. Certains éditeurs et moi, nous avons fait de ce travail un sacerdoce pour que le livre de jeunesse continue et que ça ne s’arrête jamais.

Dans votre maison d’édition, quel est actuellement le livre qui a le plus de succès ?

Le livre qui a plus de succès actuellement c’est mon ouvrage « Monfay chez les magiciens du fer« . C’est une bande dessinée pour jeunes qui fait la théologie du fer.  Vous n’êtes pas sans savoir que le fer est un métal très rare qui n’existe pas à l’état natif, on trouve juste des roches qu’il faut casser et faire fondre à près de 1200°C avant d’extraire le fer. Mais au nord du Bénin, du Togo et de certains pays d’Afrique, il y a des peuples qui savaient travailler le fer avant l’arrivée des blancs. Il y a un travail théologique qui a été fait par ces peuples-là. Donc c’est l’histoire d’une jeune fille qui va se retrouver dans le passé pour vivre la transformation du fer à travers une aventure avec un garçon.


Que diriez-vous de l’initiative des Editions Ganndal à travers ce Salon international de Conakry ?

Un salon du livre est la première solution aux problèmes que connaissent les éditeurs africains, qui fabriquent des livres mais n’arrivent pas à les vendre. Nous étions là l’année passée, nous n’avons pas beaucoup vendu. On est revenu parce qu’on sait qu’avec ce genre d’initiative, il ne faut pas attendre que ce soit cuit pour venir manger ; il faut participer dès le départ. Donc le public n’est tours pas au rendez-vous, mais je crois qu’à Conakry il y a plein de personnes qui aiment le livre et qui veulent acheter le livre. Donc il y a un travail qui a commencé et qui doit continuer.

Quel avenir prévoyez-vous pour le livre de jeunesse en Afrique en général ?

Je pense que le livre de jeunesse a beaucoup d’avenir. Il est vrai que dans notre pays, depuis 2005 il n’y a pas de subventions pour les livres de jeunesse, mais les enfants suivent les livres de jeunesse à travers des éditeurs comme Ganndal, comme Ago média ; le livre de jeunesse a de la vie.

Propos recueillis par Hawa Bah

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