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La BAD octroie au Sénégal une couverture contre le risque de change lié aux eurobonds

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La BAD a accordé au Sénégal une garantie partielle de crédit au pays, lui permettant de se prémunir contre le risque de change associé à ses emprunts en devise, dans un contexte d’endettement croissant.


Le conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le 5 septembre une garantie partielle de crédit pour le Sénégal, destiné à couvrir le risque de change lié à ses eurobonds, indique un communiqué de l’institution rendu public le 11 septembre.

Le Sénégal a émis des obligations pour un montant de 1,2 milliard de dollars en 2017 (1,1 milliard d’euros) et de 2,2 milliards de dollars en 2018 (1,8 milliard d’euros) à des conditions considérées comme « relativement favorables » par le Fonds monétaire international (FMI).

Ce soutien de la BAD au Sénégal a pour objectif de réduire les coûts et risques de change liés aux financements importants nécessaires à la mise en œuvre le Plan Sénégal émergent (PSE). « Cette intervention novatrice de la Banque vient appuyer les autorités sénégalaises qui s’efforcent d’améliorer la prédictibilité du service de la dette et d’en favoriser une gestion prudente. Elle contribue ainsi à consolider la stabilité macro-économique du Sénégal et à déployer le Plan Sénégal émergent » précise le communiqué.

Financer le Plan Sénégal émergent

Adopté en 2014, cette stratégie de développement poursuit la vision d’un « Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire et dans un État de droit », s’articulant autour de trois dimensions : la transformation structurelle de l’économie ; le capital humain, la protection sociale et le développement durable ; et la gouvernance, les institutions, la paix et la sécurité.

D’après le gouvernement, les 2,2 milliards de dollars levés en mars sont utilisés en partie pour financer les projets et programmes du Plan Sénégal émergent (PSE) contenus dans le budget 2018. Pour rappel, cette année a été décrétée « année sociale » par le gouvernement, alors que le président, Macky Sall, remet son mandat en jeu en février 2019. Une autre partie de ces ressources est allouée au « rachat de certains crédits, notamment issus de l’eurobond de 2011, dans le cadre de la stratégie de gestion de la dette ».

Cette garantie accordée par la BAD ne manquera sans doute pas de raviver le débat sur la hausse de l’endettement du pays, régulièrement critiqué par l’opposition politique. « L’émission d’eurobonds en mars 2018 a apporté un important financement budgétaire et extérieur pour la deuxième année consécutive, mais le pays doit faire preuve de discipline budgétaire pour maintenir la stabilité économique et financière » écrivait le FMI en juillet 2018.

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