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Le reconditionneur de smartphones Remade emprunte 125 millions d’euros

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Remade, spécialiste français du reconditionnement de téléphones portables, a emprunté 125 millions d’euros auprès de trois investisseurs, l’équivalent de son chiffre d’affaires annuel, pour financer l’industrialisation de ses sites en France et à l’étranger, a-t-il annoncé mardi.

« On est dans un modèle économique où on doit acheter les (appareils) pour les retraiter complètement, les déconstruire et les reconstruire », explique le fondateur de la société normande, Matthieu Millet, à l’AFP. « Donc on a un besoin assez conséquent de cash à l’achat. »

Créée en 2013, Remade est devenue une entreprise de taille intermédiaire (ETI) qui emploie 850 personnes et a réalisé 130 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017.

Elle se tourne à présent vers l’étranger, l’emprunt devant lui permettre de s’étendre aux Etats-Unis et au Maroc, d’où elle visera le marché africain. « C’est une stratégie financière, pour financer notre développement plus rapidement », détaille Matthieu Millet, défendant son choix de recourir à la dette, le temps que plusieurs gros contrats soient finalisés.

Depuis 2014, Remade a réalisé trois levées de fonds. La société a levé deux fois 2,5 millions d’euros, et 17 millions lors d’une troisième opération. Une quatrième levée de fonds devrait intervenir dans les mois prochains avec, en ligne de mire, la « conquête de l’Asie ».

En 2017 Remade avait repris les activités de Save la société de l’emblématique startuper Damien Morin, qui avait été mise en redressement judiciaire

Un de ses concurrents, Recommerce, a levé 50 millions d’euros en février. La petite entreprise estime que près de 2 millions de smartphones reconditionnés ont été vendus en France en 2017, soit 7% des ventes totales de ces appareils. Elle table sur une croissance du secteur de 48% d’ici à 2022.

Back Market vient de boucler en juin dernier un second tour de table de 41 millions d’euros auprès d’Eurazeo, et du groupe Arnault.

Mais Matthieu Millet dit ne pas craindre la concurrence. « Remade a une offre différenciée », assure-t-il. « On a intégré toute la chaîne de valeur, ce qui nous permet de prouver que tout le processus est fait sans utiliser de
pièces de contrefaçon. »

« On est les seuls à avoir développé cet outil nous permettant de refaire la face arrière », continue-t-il. « On fait de l’électronique, mais aussi de la métallurgie, du traitement des surfaces, du verre, tout un tas de métier qui ont été intégrés chez Remade et que nos compétiteurs n’ont pas. »

Le prêt de 125 millions pour l’entreprise, située à deux pas du Mont Saint-Michel, a été réalisé par LGT European Capital, ainsi que Idinvest Partners et Swen Capital Partners.

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