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L’intelligence artificielle pourrait augmenter la fracture numérique

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L’intelligence artificielle risque d’augmenter les écarts de richesse entre pays développés et les autres, mais aussi entre les entreprises et les individus, selon un rapport du cabinet de consultants américain McKinsey. Selon cette étude, l’intelligence artificielle devrait gonfler de 1,2% par an la croissance mondiale en moyenne jusqu’en 2030, avec une forte accélération entre 2025 et 2030.

Cette accélération serait comparable à celle apportée par d’autres ruptures technologiques mondiales, «comme la vapeur au XIXème siècle, la première vague de robotisation industrielle ou l’informatique à la fin du XXème siècle», estime le cabinet dans ce rapport. Mais «les pays aujourd’hui les plus avancés en matière d’adoption des technologies de l’intelligence artificielle (principalement des économies développées) devraient retirer d’ici 2030 des bénéfices nettement supérieurs à ceux des économies émergentes», souligne-t-il.

Des écarts encore plus grands entre pays et entre individus

«Par exemple, d’ici 2025, l’intelligence artificielle devrait permettre à la Suède d’augmenter son PIB de 4%, contre 1% pour la Zambie», indique le rapport. «A l’horizon 2030, ce différentiel sera porté à 24% pour la Suède contre seulement 5% pour la Zambie». D’une manière générale, les économies développées les plus avancées dans ces techniques pourraient capter «20 à 25%» de la richesse produite, contre «5 à 15%» pour les pays en développement, affirme encore l’étude. La course n’est toutefois pas perdue d’avance pour les économies émergentes «si elles choisissent très tôt d’investir massivement la recherche et le développement dans ce domaine».

McKinsey fait un diagnostic semblable de renforcement potentiel des écarts pour les entreprises – celles qui se lancent dans l’intelligence artificielle et celles qui seraient lentes à s’y intéresser – et pour les individus. Les travailleurs aux tâches répétitives, nécessitant de faibles compétences numériques, pourraient voir leurs salaires «stagner, voire baisser». A l’inverse, une partie de la masse salariale globale (13%) basculerait vers les travailleurs aux tâches non-répétitives et aux fortes compétences numériques. Là encore, «des mesures peuvent être prises pour gérer la transition», estime le document.

La France bien placée pour tirer profit de l’IA 

S’agissant de la France, le rapport estime que le pays est «bien positionné pour tirer profit du développement de l’intelligence artificielle». Comme d’autres économies développées, la France «pâtit d’un tassement de ses gains de productivité depuis plusieurs années et d’un coût du travail élevé, qui constituent autant de facteurs structurels militant en faveur d’une plus forte exploitation du potentiel économique de l’intelligence artificielle par l’ensemble de ses acteurs économiques», selon McKinsey.

Fin mars, Emmanuel Macron a annoncé un plan de 1,5 milliard d’euros pour que la France soit à la pointe en matière d’intelligence artificielle. Ce secteur englobe notamment des technologies comme la vision par ordinateur, le traitement automatique du langage naturel, l’assistance virtuelle ou l’automatisation des processus robotisés.

Le défi est cependant immense pour l’Hexagone. Et pour cause, la France est en retard sur l’intelligence artificielle. Pire, elle ne figure même pas dans le Top 5 mondial du secteur, dominé sans surprise par la Chine et les États-Unis, mais aussi par l’Israël, le Canada et le Royaume-Uni. Pour rappel, Pékin a annoncé en juillet 2017 un plan de développement national en faveur de ce secteur pour que l’industrie de l’intelligence artificielle génère plus de 20 milliards de dollars à l’horizon 2020 et près de 60 milliards de dollars d’ici 2025. Avec un tel plan, la Chine entend rivaliser avec les leaders américains du marché, qui ne sont autre que Microsoft et Google.

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