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LOI SUR LA CENI : l’adoption sur fond de division du parlement

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Ça y est. La nouvelle loi sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été adoptée par les députés, comme nous l’annoncions précédemment. Mais à quel coût ? Là est toute la question. Et en attendant d’autres révélations sur les incongruités des nouvelles dispositions, on peut dire que l’unité parlementaire a volé en éclat à l’occasion. Entre partisans et opposants à la loi, on ne s’est guère fait de cadeau. Parfois, les mots échangés étaient même indignes des personnalités qui se cachent derrière les parlementaires.

« C’est un torchon qu’on nous a  soumis, qu’on nous a présenté  ici. Il s’agit d’un arrangement entre copains de deux formations politiques  pour prendre en otage une institution républicaine et constitutionnelle, sur la base des résultats de deux élections avec comme conséquences, le renforcement de la bipolarisation du pays, l’élimination des autres formations politiques. Dans le fond, il y a violation du principe constitutionnel d’égalité entre les partis politiques, il y a violation de  la séparation des pouvoirs », a lancé Honorable Sila Bah, quand l’occasion lui a été donné de se prononcer sur la loi. En réponse Dr.  Fodé Oussou Fofana, sans se soucier outre mesure des reprochés, a déclaré : «On va voter et passer! On n’a pas de temps». Au président de l’Assemblée, Kory Kondiano, d’essayer alors de restaurer l’autorité dans le temple : «  Sila Bah, vous n’avez que 5 minutes….M. Bah vous n’avez pas la parole ».  Sila Bah rétorque sèchement : «  Vous  nous faites honte ».  Le président de l’Assemblée nationale renvoie alors du tic au tac : «  C’est vous qui faites honte à la Nation ».

Quant à lui,  Dr Ousmane Kaba  dénonce le caractère expéditif du processus de vote de la loi : « Nous déplorons simplement la manière dont ce vote s’est effectué à l’Assemblée nationale, puisque, comme vous savez,  tous les députés n’ont pas eu le temps de discuter le  fond  de ce texte. Et même le processus de comptage  à l’assemblée n’a pas été correct ».


Enfin,   l’honorable  Holomou Kony Kourouma pense que les progrès qu’on croit avoir fait avec la nouvelle relèvent de l’illusion : « Cette loi  continue sur le même principe que l’ancienne loi que nous avions et  qui a  montré déjà ses limites dans la mesure où la CENI  que nous avons n’a jamais organisé une élection qui soit jugée crédible. Le principe est que ce sont les partis politiques qui désignent la majorité des membres de la CENI…ce texte est erroné, il va nous créer encore des problèmes ».

On croirait revivre l’ambiance du vote de la loi électorale.

 Balla Yombouno, depuis l’hémicycle

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