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MEDIAS GUINEEN : Abdoulaye Bah, un jeune espoir de la presse libre de Guinée, tire sa révérence

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Ah oui, le terrible accident de ce dimanche matin au rond-point de Matoto a eu raison du jeune reporter de Guinenews, Abdoulaye Bah, qui est mort au petit matin de ce lundi 18 juin à l’hôpital sino-guinéen de Kipe. Nous sommes sous le choc, sans mot, affligés par la mort d’un jeune journaliste en herbe. Mais nul ne peut échapper à son destin. La fin de Ablo sur terre était arrivée. 

En effet, j’ai bien connu ce jeune homme, humble, respectueux et jovial. Il avait toujours le sourire aux lèvres et savait nous faire rire à l’immeuble Baldé Zaire, pour détendre l’atmosphère. Je n’ai jamais vu Abdoulaye fâché. Il lui arrivait souvent de se plaindre de Mouctar Diallo lorsque ce dernier ne publiait pas ses articles avec son monteur et complice, Bakayoko. Mouctar trouvait toujours des excuses pour lui afin de le calmer et le garder au sein du journal. Abdoulaye était un enfant bien éduqué, inoffensif, très sympa, qui exerçait son métier de journaliste avec beaucoup de professionnalisme. Sans haine, ni passion. Il adorait surtout ce noble métier et était toujours aux aguets des infos fraîches et des scoops.


J’ai connu Abdoulaye Bah dans les années 2004 2005 lorsqu’il venait d’arriver au sein de l’Hebdomadaire L’Observateur, appartenant à Tibou Kamara, l’actuel ministre des PME. Poli et courtois, il venait de terminer ses études supérieures et était à la recherche de son premier emploi. Il atterrit donc à L’Observateur comme stagiaire et s’engage contre rien à exercer ce métier qu’il aimait bien. Ablo était un homme de terrain, un reporter entre deux conférences, ateliers et séminaires. Jamais il ne restait à la rédaction les jours ouvrables pour des bavardages inutiles ou perdre son temps à jouer avec les autres stagiaires. Les week ends, jour de bouclage, lorsqu’il venait produire ses articles de presse pour le journal, il se retrouvait avec ses aînés comme Nouhou Baldé, qui était le rédacteur en chef du semainier, Mouctar Diallo, conseiller, puis administrateur général, les monteurs feu Yansané ou l’actuel Bakayoko, les journalistes Makalé Soumah, Boua King de Conakryinfos.com et Alpha Camara, résidant aujourd’hui au Canada. Tibou Kamara, lui, avait commencé à s’éloigner du journal et écrivait peu désormais. Abdoulaye s’essayait dans tout ou presque comme un romancier : des articles politiques, économiques, en passant par ceux culturels et sportifs ou les faits de société, il était très dévoué, engagé et bosseur parfait. Avoir un journaliste comme Ablo au sein de sa rédaction, c’est résoudre 70% du travail qui revient à une rédaction riche d’une vingtaine de reporters. On l’appelait souvent l’infatigable.

Il arrivait régulièrement que lui et moi, nous échangions sur l’actualité, des titres accrocheurs, des enquêtes qu’il menait constamment sur les actions du gouvernement et de l’opposition. Ses articles enrichissaient chaque semaine les colonnes de l’Observateur, notamment sur la page 2. Ablo, à chaque fois qu’il venait à la rédaction les week ends, il passait me voir à mon bureau, en face des locaux du journal L’Observateur, soit pour me saluer, soit pour avoir mon avis sur un sujet qu’il traite. Il lui arrivait même de me proposer des articles à publier dans le journal, L’humanité que j’ai créé en 2003. Au fil des ans, Ablo s’améliorait et s’imposait au sein de la rédaction avec ses articles. Après quelques années de bons et  loyaux services rendus à l’Observateur qui a été une école pour lui, Ablo rejoindra la rédaction du site Guinenews, où avec d’autres journalistes venus de différentes rédactions de la presse écrite privée, il relancera ledit site, notamment dans les réseaux sociaux.


Enfin, Abdoulaye Bah s’en allé à la fleur de l’âge, au moment où il se rendait indispensable à la rédaction du site Guinenews, au moment où il enrichissait son carnet d’adresses avec de fortes personnalités du pays, tant auprès des dirigeants actuels qu’au sein de l’opposition. Mme Bah sèche tes larmes, pardonne-le et accepte la volonté divine. Dieu a donné, Dieu a repris. Puisse Allah, notre créateur, accepter l’âme de Abdoulaye Bah au royaume éternel. Amen.

Ibrahima Sory Diallo Dbeck

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