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MOUSSA DARABA : « J’Awards, c’est la plus grande cérémonie de distinction de la jeunesse »

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Le concept « J’Awards » commence à se faire une place dans l’agenda des événements culturels du pays. Ce qu’il tient certainement de son caractère innovant et de la rigueur que ces concepteurs mettent dans son organisation. Au compte de la seconde édition prévue le 7 décembre 2018, la soirée des J’Awards, allant au-delà de son caractère festif, sera précédée d’une série d’activités de formation et de débats sur des thématiques en rapport avec la jeunesse. C’est en substance ce que nous dit Moussa Daraba, le promoteur de l’initiative. Il nous a accordé un entretien dans lequel, au-delà du programme, il revient sur la philosophie et le processus devant déboucher sur la soirée.

En quelques mots, dites-nous ce qu’est l’événement ‘’J’Awards’’ ?

L’événement ‘’J’Awards’’, c’est en quelque sorte la plus grande cérémonie à ce jour de  distinction de la jeunesse guinéenne. Pour l’organiser, on est parti sur la base de beaucoup de constats. De fait, On s’est rendu compte que les jeunes sont de plus en plus conscients du rôle prééminent qu’ils jouent au sein de nos différentes sociétés. De plus en plus, ils participent aussi à cette mission d’épanouissement social, économique, politique et culturel de notre pays. Egalement, les jeunes sont au cœur de beaucoup de discours institutionnels dans la mesure où chacun dit vouloir œuvrer l’émergence de la jeunesse. Bref, d’une façon ou d’une autre, on s’est rendu compte que c’est une couche  très importante qui incarne en quelque sorte l’épine dorsale de tout processus de développement à tous les niveaux dans un Etat. On s’est donc dit qu’il fallait qu’on s’intéresse qui, malheureusement, ne se rend pas compte de toute l’importance qu’elle vaut au sein de notre pays. Donc, sur la base de tous ces constats, on s’est dit qu’il faut mettre en place tout un processus, tout un programme dont l’objectif c’est de mettre la lumière sur des talents et les valeurs qu’il y a aujourd’hui au sein de la jeunesse. Parce que d’un autre, il y en a beaucoup qui disent que la jeunesse guinéenne est désœuvrée, en perte de vitesse et en manque de repères. D’une certaine façon, nous avons voulu nous opposer à tous ces stéréotypes et clichés qu’on colle à la jeunesse guinéenne, pour pouvoir mettre en exergue le côté battant de cette jeunesse.

On a ciblé dix secteurs d’activités dans lesquels les jeunes sont actifs, dont les médias, la mode, la culture, l’entrepreneuriat, le sport, l’innovation, le leadership féminin et la société civile, entre autres. On a une catégorie d’exception qu’est l’éducation qui est dédiée aux cinq premiers de chacune des filières en Enseignement général et Franco-arabe.


Pour le compte de cette deuxième édition, on a la ferme conviction que l’évènement est très attendu et il y aura une parfaite mobilisation autour.

Qu’est-ce qui, selon vous, distingue votre événement de toutes les initiatives de promotion des jeunes qui naissent çà et là ?

Avant d’en venir à ce qui nous distingue des autres, permettez-moi de saluer l’idée qu’il y ait beaucoup d’initiatives ayant l’objectif de promouvoir la jeunesse. Ce qui distingue notre évènement de toutes les initiatives de promotion de jeunesse est que nous partons sur la base de tout un processus, de tout un programme qu’on peut retrouver ailleurs sur notre site internet conçu spécialement à cet effet. Ce n’est pas nous qui choisissons les gens. Notre démarche est méthodologie. Nous avons un jury et un comité de présélection et le tout est encadré par un partenaire technique qui n’est autre que l’Association guinéenne de Sciences politiques (AGSP) qui est réputée pour son expertise en termes d’étude (qualitative ou quantitative) sur le terrain. Les lauréats sont choisis sur la base de détails très stricts par un jury. Nous sommes aussi dans une logique d’innovation avec une présence remarquable sur les réseaux sociaux où notre page à plus de 65.000 followers. Par ailleurs, notre événement est gratuit. Nos nominés ne paient absolument rien.

Vous en êtes à votre seconde édition, quelle est la particularité de celle-ci ?

La particularité de l’évènement est qu’au-delà de l’aspect festif, nous allons proposer un espace encore plus large pour organiser un forum sur le thème Jeunesse et migration irrégulière pour déconstruire la question de comment sortir de l’impasse. Parce que nous savons que les jeunes sont les plus grands candidats à ce fléau. Il y aura aussi deux panels respectivement sur « Femme et Entrepreneuriat numérique : comment en faire un levier de développement » et sur « Potentialités et richesses de la Guinée : comment en faire une opportunité pour la jeunesse ». Il y aura aussi un atelier de formation sur l’entrepreneuriat jeune et le leadership.


Sur quelle base sélectionnez-vous vos nominés ?

Pour la sélection des nominés, il y a des critères basiques qui sont communs à tous ceux qui veulent participer. Par exemple, il faut être de nationalité guinéenne, être âgé de l’intervalle de 15 à 35 ans, exercer ou promouvoir une activité ayant un impact social, culturel, économique ou politique en Guinée. Il y a aussi un critère catégoriel, le vote du public pour une durée de trois semaines.

Vu que vous travaillez depuis un certain temps sur une thématique touchant à la jeunesse, que diriez-vous des défis actuels de la jeunesse guinéenne ?

Il faudrait que la jeunesse guinéenne se rende compte qu’il y a d’énormes défis qui nous attendent. Celui de diriger les destinés de notre pays notamment. Il faut que nous essayions de nous impliquer dans la gestion de notre pays, et cela passe forcément par honnêteté, la sincérité, l’esprit de patriotisme. Il faut que les jeunes soient déterminés, dévoués, persévérants à vouloir  voir la Guinée sortir la tête de l’eau. Il faudrait que chacun se batte de son côté pour faire bouger les lignes. On dit le plus souvent que les réussites collectives sont les sommes des réussites individuelles. Il faut que le combat soit sincère, qu’on se mette au-delà de toute cette tentation de se faire tout de suite de l’argent, de jouer le jeu des politiques, qu’on transcende nos origines ethniques (communautaires), qu’on s’intéresse à la valeur des gens, pour ce qu’ils ont dans la tête. Il faut que d’autres jeunes aussi fassent de la politique de manière très honnête pour qu’on puisse se faire entendre d’une manière ou d’une autre. En gros, il faut se former, s’informer, il faut que nous fassions du bon boulot, dans la solidarité, mais surtout dans honnêteté et la sincérité.

Propos recueillis par Boubacar Sanso BARRY

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