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Murielle Bolle – «S’il y a un procès, je me battrai, je n’ai plus 15 ans»

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Cette affaire «a brisé ma vie», raconte Murielle Bolle dans un entretien exclusif au Parisien paru dimanche, à quelques jours de la sortie de son livre «Briser le silence» dans lequel elle revient sur l’affaire qui tient en haleine la France entière depuis 1984. Cet ouvrage, c’est «pour dire que je ne suis pas celle que l’on dit, le monstre que l’on décrit. C’est une façon de me faire entendre», explique-t-elle avant de revenir sur ce fameux 16 octobre 1984, date à laquelle a été retrouvé le corps du petit Grégory, pieds et poings liés dans la Vologne.

«Je l’ai dit et je le répète: le jour de la mort de Grégory, je suis sortie du collège comme d’habitude, j’ai pris le bus comme d’habitude, je me suis arrêtée chez la tante Louisette où étaient Bernard et son fils Sébastien. J’espère qu’on va enfin me croire: la justice, les parents de Grégory et l’opinion publique à laquelle j’ai été jetée en pâture». À l’époque, – sous la pression des gendarmes dit-elle – elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir tué le petit garçon avant de se rétracter quelques jours plus tard.

«L’assassinat d’un petit garçon, c’est la pire chose qui puisse arriver. Si je savais quelque chose, je le dirais. Même si ça m’arrachait le cœur et que c’était Bernard, je le dirais. Mais ce n’est pas lui. Il était là quand je suis rentrée de l’école, ça ne peut pas être lui. Bernard est un être tellement gentil et généreux que jamais il n’aurait pu faire cela. C’est un nounours», tempête-t-elle. «Ce livre, je le fais aussi pour (sa) mémoire», explique celle qui «porte la culpabilité de sa mort (…) Si je n’avais pas dit ce que j’avais dit, peut-être qu’il serait encore vivant (Bernard Laroche a été assassiné le 29 mars 1985 par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, ndlr). Ce poids ne me quittera jamais».

Même si elle admet qu’à sa sortie de garde à vue, sa sœur, Marie-Ange, femme de Bernard Laroche n’était «pas contente», elle balaie d’un revers de main les dires d’un cousin de la famille qui affirmait qu’elle avait été violentée par sa famille: «C’est un menteur (…) Je ne sais pas pourquoi il est allé raconter des conneries pareilles»

«Je suis innocente»

La mère de famille de 49 ans, (elle a trois enfants , ndlr) vit aujourd’hui «au jour le jour», se consacre à sa petite-fille, sa «petite poupée», s’évade grâce à la nature et aux animaux et écoute Johnny Hallyday quand elle a le blues: «C’est mon idole depuis que j’ai 10 ans, j’ai tous ses vinyles. Il fait partie de ma vie».

Sous la menace d’une nouvelle mise en examen, comme le couple Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, Murielle Bolle se veut combattive : «Je suis innocente. Mais s’il y a un procès, je me battrai. Je n’ai pas le choix. Je n’ai plus 15 ans, je ne suis plus passive».

Murielle Bolle sera également dans l’émission «Sept à Huit» sur TF1 dimanche soir.

(mc/L’essentiel)

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