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PORT DE CONAKRY : Ibrahima Kalil Keita ne désarme pas

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Droit dans ses bottes, le directeur financier et comptable du port autonome de Conakry a de nouveau dénoncé la concession du port conventionnel à l’entreprise turque, Albayrak, en vertu du contrat signé le 10 août dernier.  Via une conférence de presse organisée dans les locaux de la Direction générale du port, Ibrahima Kalil Keïta a mis en évidence des problèmes de forme et de fond, par rapport au fameux contrat. Conséquence, il recommande la suspension sinon l’annulation du contrat.

Le directeur financier et comptable du port autonome de Conakry a d’abord souligné le manque d’informations autour de la société Albayrak (statuts , domaines d’activités, références en Turquie, en Afrique  et dans le  monde ).  « Ce qui ne rassure par sur sa capacité  à exploiter et à financer  les investissements par rapport aux capitaux« , déduit Ibrahima Kalil Keïta.

Par rapport au contrat concédant le port à la société turque, il pointe le fait que le « domaine d’activité de chaque acteur n’a pas été préalablement  défini alors que l’exclusivité accordée à Albayrak aura des implications  pour tous les utilisateurs du terminal du port de Conakry ». Pis, poursuit-il: « Le contrat signé n’est pas un contrat de concession  du terminal conventionnel mais un contrat de concession de tout le port de Conakry et ses  dépendance à l’exclusion  de Conakry Terminal (Bolloré) et du terminal minéralier de CBK (Rusal) ». Ibrahima Kalil Keïta est si dubitatif que selon lui, même la fameuse disposition en vertu de laquelle Albayrak s’engagerait à investir 200 millions de dollars en deux ans, ne fait pas l’objet d’un article à l’intérieur du contrat. « Bien que les gens en parlent« , note-t-il.

En gros, selon le directeur financier et comptable, l’aventure avec Albayrak est une incertitude en soi. D’autant que, souligne-t-il: « Tous les investissements (travaux et équipements ) de la société Albayrak sont subordonnés aux conditions suivantes ; atteinte du chiffre d’affaires annuel de 60 millions USD par le concessionnaire, évolution du trafic. Le contrat ne contient  aucune disposition visant à la création de nouvelles infrastructures permettant de résoudre les problèmes urgents, à savoir, insuffisance de postes de quai, insuffisance de magasins de stockage et de terre-plein.  L’exclusivité  accordée à Albayrak entrainera le licenciement d’une partie ou de la totalité du personnel du PAC, des sociétés de manutention et des dockers ».


Bref, conclut-il:  « les insuffisances énumérées ci-dessus (…) m’amènent  à dire que le contrat de concession du port de Conakry signé le 10 août 2018 avec la société Albayrak n’est pas  à l’avantage du port  et de la République de Guinée ».

En conséquence, il recommande ni plus ni moins que « l’annulation ou la suspension » du contrat. En lieu et place, il propose de « faciliter la réalisation du programme d’urgence 2017-2019 du PAC, (de)  créer une réserve foncière sur le littoral (sud de préférence) pour faciliter la création et  l’aménagement d’un second part commercial  qui pourrait  servir  à faire face au trafic de la Guinée pour 2 ou 3 siècles».

Balla Yombouno

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