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RD CONGO: tout n’est pas perdu

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Ça y est. C’en est fini des espoirs des opposants congolais, Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et Adolphe Muzito. Ils ne pourront plus prendre part à la présidentielle du 23 décembre. Après la publication, hier, de la liste définitive des candidats admis à prendre part à la compétition, leur sort est définitivement scellé. Ceux qui espèrent une véritable alternance dans le pays de Kabila devront se contenter de Félix Tshisekedi, Vital Kamerhé et Martin Fayulu. Ils ne sont probablement pas les mieux indiqués pour incarner l’espoir du changement tant attendu en RDC. Mais il faudra bien faire avec eux. Ainsi, en ont décidé Kabila et les institutions à sa solde. Cependant, tout n’est pas nécessairement perdu. A la condition que les opposants dont les candidatures ont été acceptées jouent la carte unitaire, que les Congolais choisissent avec responsabilité et courage et que la communauté internationale ne se contente pas d’une farce de changement, Kabila peut bien être pris à son propre jeu.

Etienne Tshisekedi, l’absent

De toute évidence, c’est une première bataille de gagnée pour Joseph Kabila et son dauphin, Emmanuel Shadari Ramazani. Les candidats qui auraient pu le plus contrarier ce dernier sont intelligemment écartés de la course. A priori, le chemin est désormais bien balisé pour celui que le président congolais s’est choisi comme successeur. Parce qu’en face, individuellement pris, les candidats de l’opposition, susceptibles d’incarner le changement, ne peuvent être que des options par défaut. Félix Tshisekedi, lui, est surtout victime de la comparaison qu’on établit très régulièrement entre lui et son paternel, Etienne. A coup de bravade et de prises de position osées, il est vrai que le Sphinx de Limeté avait tant et si bien réussi à s’incruster dans les cœurs et la conscience de ses compatriotes que son fils, moins rigide sur ses positions, ne peut que moins drainer du monde. Quant à Vital Kamerhé, au-delà de quelques controverses qui sont souvent évoquées à son sujet, il y a que sa rupture avec le camp Kabila est relativement récente pour qu’il puisse servir d’antidote au système que celui-ci a mis en place. Enfin, Martin Fayulu, lui n’a tout simplement pas acquis la stature politique qui justifierait que les Congolais lui confient leur destin. Aussi, en y allant en rangs dispersés, ils ne pourront que faciliter la tâche au camp d’en face.

Cependant, si comme cela se susurre maintenant, ils réussissent à transcender leurs égos et donnent la chance à celui d’entre eux ayant le plus de chance face Emmanuel Shadari Ramazani, tout n’est pas encore perdu. Encore qu’à eux trois, devront se joindre ceux qui n’ont pas été autorisés à compétir. Ceci étant, il ne servira à rien de donner son accord juste pour le donner. Au-delà de l’engagement verbal de travailler ensemble, ils devront s’employer à obtenir la victoire. Quitte à mettre tout ça dans un accord assorti d’un schéma de partage du pouvoir, si jamais la victoire était au rendez-vous. Ensuite, ils devront y investir de leurs ressources et de leurs personnes. Que tous sensibilisent les Congolais sur la nécessité et l’importance de tourner la page de Kabila.

Justement, ces Congolais ont un rôle crucial à jouer. Victimes ultimes des crises récurrentes que le pays a connues ainsi que de l’incurie généralisée de la classe politique, l’heure est venue pour eux de décider. Et de décider en toute responsabilité. Certes, vu l’offre qui est proposée, le choix n’est pas aisé. Mais entre deux maux, ils devront choisir le moindre. Puis, au-delà du choix de celui qui devrait présider aux destinées du pays pour les cinq prochaines années, il leur revient de garantir la transparence et l’honnêteté du processus. Après tout, leur présent et leur  avenir en dépendent.


Quel rôle pour la communauté internationale?

Enfin, la communauté internationale est attendue au tournant. Elle qui a pris l’habitude de composer même avec le diable. Qu’elle sache que son rôle sera scruté à la loupe. Déjà, son nom reste associé à tout le passif que la RD Congo traine. Aussi, elle devrait éviter d’en rajouter en cautionnant n’importe quelle élection dans ce pays. Maintenant qu’on a l’occasion de changer la donne et d’aider le pays à prendre un nouveau départ, la dynamique devrait être accompagnée, sans autre forme d’arrière-pensées et de considérations. l’Afrique du sud et l’Angola, les deux puissances régionales, sont particulièrement interpellés.

Boubacar Sanso BARRY    

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