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RDC : le ministre des Mines annonce un audit de la mine de Kamoto

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Glencore à nouveau dans le viseur des autorités congolaises. Début novembre, sa filiale Katanga Mining a annoncé la suspension des exportations de cobalt de la mine de Kamoto, en raison d’un niveau de radioactivité élevé. Le ministre des Mines conteste cette suspension, et a demandé la conduite d’un audit la semaine prochaine.


Les autorités congolaises vont auditer le projet Kamoto au cours de la semaine prochaine, a indiqué le ministre des Mines, Martin Kabwelulu à Reuters, le 29 novembre. « Nous allons faire un audit la semaine prochaine sur la chaîne d’approvisionnement pour savoir d’où viennent les traces excessives d’uranium dans leurs produits » a indiqué le ministre à l’agence de presse.

Le 6 novembre, Katanga Mining, filiale de Glencore, a suspendu les exportations de cobalt de la mine de Kamoto, le niveau de radioactivité détecté étant supérieur à la limite acceptable pour transiter par les principaux ports africains. Pour éliminer l’uranium du cobalt extrait de la mine de Kamoto, Katanga Mining envisage d’installer un système d’échangeur d’ions pour un coût de 25 millions de dollars (22 millions d’euros).

Le ministre des Mines remet en cause la version de Glencore

D’après le ministre, la suspension des exportations et l’investissement annoncé dans le système d’échangeur d’ions permettent surtout à Glencore de repousser le moment où Kamoto Copper Company (KCC) sera rentable – et donc où elle paiera des taxes.

« En 2015, alors que KCC était sur le point de rembourser son investissement, elle a affirmé qu’elle devait réinvestir pour installer de nouvelles machines. Maintenant, KCC vient de dire qu’elle arrête unilatéralement la vente de cobalt. Est-ce normal ? », a déclaré Martin Kabwelulu, rapporte Reuters.

« Cet audit est une initiative à trois parties, Glencore, la Gécamines et le ministère des Mines. Nous la soutenons donc pleinement», tempère par email la communication de l’entreprise publique congolaise, qui possède 25 % de KCC. En attendant que les conclusions de cet audit soit connues, Glencore devrai vendre son cobalt avec un rabais, indique la Gécamines. Katanga Mining expliquait début novembre que la production serait stockée, et traitée une fois la construction de l’échangeur terminée, soit avant la fin de l’année 2019.

Le 13 novembre, Gécamines s’était indignée de ne pas avoir été « associée aux dernières communications de Katanga Mining Limited au marché, notamment à la décision d’arrêt des exportations et la vente de cobalt, ainsi qu’à la réalisation d’investissements additionnels ».

Douze mois difficiles pour le groupe suisse

L’année 2018 a été marquée par une accumulation de difficultés pour Glencore en RDC. Le groupe suisse a vu ses impôts augmenter en raison d’un nouveau code minier promulgué en mars 2018. Le négociant a également dû verser d’importantes sommes à la société d’État Gécamines, et à son ancien associé, le milliardaire israélien Dan Gertler. Enfin, la justice américaine a demandé en juillet 2018 à Glencore de lui transmettre des informations concernant son activité en RDC, en lien avec la loi sur la corruption dans les transactions à l’étranger (US Foreign Corrupt Practices Act) et les règles contre le blanchiment d’argent. Par ailleurs, le Serious Fraud Office, organe anticorruption britannique, mène également une enquête sur les liens entre l’Israélien et l’entreprise suisse.

Katanga Mining compte pour environ un tiers de la production africaine de Glencore, avec 6 500 tonnes de cobalt extraites au cours des neuf premiers mois de l’année. Sur cette période, le groupe suisse a produit 25 700 tonnes en RDC, soit une hausse de 44 % en glissement annuel. La production congolaise de cobalt est passée de 66 000 tonnes à 86 000 en 2017 (20 % des recettes d’exportation), et devrait dépasser 105 000 tonnes en 2018, selon le ministère des Mines. Le marché de ce métal à l’échelle mondiale s’élève à 120 000 tonnes.

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