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RDC : les ventes de cobalt de Kamoto suspendues en raison d’une forte concentration en uranium

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Katanga Mining, filiale de Glencore, a suspendu les exportations de cobalt de la mine de Kamoto, le niveau de radioactivité détecté étant supérieur à la limite acceptable pour transiter par les principaux ports africains.


Le 6 novembre, Katanga Mining, filiale du groupe suisse Glencore, a annoncé que sa filiale à 75 %, Kamoto Copper Company, allait suspendre temporairement l’exportation et la vente de cobalt extrait de son projet Kamoto, en République démocratique du Congo. Environ 1 472 tonnes de cobalt sont d’ores et déjà touchées par cette suspension.

« La présence d’uranium a été récemment détectée dans l’hydroxyde de cobalt produit au projet Kamoto à des niveaux qui dépassent la limite acceptable pour l’exportation du produit par les principaux ports africains vers les clients. » Cependant, « les faibles niveaux de radioactivité détectés à ce jour dans l’uranium ne présentent pas de risque pour la santé et la sécurité », précise le communiqué.

La Gécamines furieuse de ne pas avoir été consultée

Pour éliminer l’uranium du cobalt extrait de la mine de Kamoto, Katanga Mining envisage de construire un système d’échangeur d’ions pour un coût de 25 millions de dollars, avec une mise en service prévue d’ici la fin du premier semestre 2019, conditionnée à l’obtention des autorisations nécessaires. La production de cobalt sera stockée sur place et traitée une fois la construction terminée, avant la fin de l’année 2019, détaille la communication.

Le 13 novembre, l’entreprise publique Gécamines, qui possède 25 % de Kamoto Copper Compagny, s’est indignée de ne pas avoir été « associée aux dernières communications de Katanga Mining Limited au marché, notamment à la décision d’arrêt des exportations et la vente de cobalt, ainsi qu’à la réalisation d’investissements additionnels ».

Cette suspension temporaire va avoir un impact négatif sur les revenus de Katanga Mining pour le quatrième trimestre de 2018 et les deux premiers trimestres de 2019. Les revenus qu’auraient dû générer les ventes de cobalt au quatrième trimestre de 2018 et aux premier et deuxième trimestre de 2019 devraient être réalisés au cours des troisième et quatrième trimestre de 2019. Les actions de Katanga Mining, cotées au Toronto Stock Exchange ont perdu environ 30 % de leur valeur depuis cette annonce.

Chute des prix du cobalt au London Metal Exchange

L’arrêt des exportations de Kamoto arrive à point nommé pour le secteur du cobalt. L’offre s’est accrue en réaction à l’augmentation du prix du métal, entraînée par des anticipations haussières sur le marché du véhicule électrique. Conséquence, les prix ont chuté de 95 000 dollars la tonne au premier trimestre 2018, à 55 000 dollars aujourd’hui, soit un recul d’environ 40 %, d’après les chiffres du London Metal Exchange.

Katanga Mining compte pour environ un tiers de la production africaine de Glencore, avec 6 500 tonnes de cobalt extraites au cours des neufs premiers mois de l’année. Sur cette période, le groupe suisse a produit 25 700 tonnes en RDC, soit une hausse de 44 % en glissement annuel. La production congolaise de cobalt est passée de 66 000 tonnes à 86 000 en 2017, représentant 20 % des recettes d’exportation, et devrait dépasser 105 000 tonnes en 2018, selon le ministère des Mines. Le marché à l’échelle mondial s’élève à 120 000 tonnes.

À coté de géants tels que Glencore, le Congo compte une poignée de négociants qui s’approvisionnent auprès de mineurs artisanaux. Trafigura a annoncé en octobre 2018 un projet pilote destiné à formaliser l’exploitation artisanale de cobalt, jugeant nécessaire de s’approvisionner auprès de producteurs informels pour répondre à la demande mondiale.

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