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SEKOU KOUREISSY CONDE : «Prenons la mesure du danger qui nous guette »

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Suite aux violences que la capitale guinéenne a enregistrées la semaine dernière, les appels à la prudence et à la responsabilité se multiplient. Et c’est dans ce cadre que ce lundi, 12 novembre 2018, le Directeur exécutif d’African Crisis Group, par ailleurs président de la Convention des acteurs non étatique de Guinée (CANEG), Dr Sékou Koureissy Condé  a animé une conférence de presse dans un hôtel de Conakry.  En substance, il a attiré l’attention sur le danger qui guette la Guinée en raison de la  recrudescence des violences. Identifiant également différents niveaux de responsabilité, il en a également profité pour proposer ses pistes de solution.

 «…Nous sentons la violence, nous vivons avec, mais nous sommes impuissants face à elle. Nous sommes débordés par le phénomène de la violence dans les écrits, dans la communication, dans les comportements, dans les actions et dans les réactions », s’inquiète Dr Sékou Koureissy Condé, dans son discours introductifPour lui, Lorsque les ingrédients et les éléments constitutifs de fractures sociales sont réunis, l’effort à consentir devient collectif. « Ce n’est plus la responsabilité du gouvernement ou de l’Etat seulement qui est engagée mais aussi et surtout la responsabilité de la classe politique, de la société civile et l’ensemble des citoyens. Lorsqu’il y a la guerre, personne n’est à l’abri, quelles que soient son ethnie, sa religion ou encore sa force», dit-il.

 Selon  le Directeur exécutif d’African Crisis Group, les principaux dangers qui menacent la Guinée sont : la violence gratuite accompagnée par une incapacité de la justice et des appareils judiciaires à faire la lumière sur les cas de violences au cas par cas et l’ethno-stratégie. «Puis que cela dure et perdure, il est important qu’on constate qu’à ce niveau-là, il y a quelque chose à faire. Si on avait arrêté ne serait-ce qu’un seul coupable sur les 101 morts ou un seul coupable sur les violations, sur les infractions et atteintes à l’intégrité physique, je pense que cela aurait pu servir d’exemple », estime  Dr Koureissy CondéPour lui, il faut que le gouvernement engage une véritable campagne de sensibilisation et d’action et qu’il œuvre en faveur du renforcement des capacités de la justice et des auxiliaires de justice« Il faut que les corps paramilitaires chargés du maintien d’ordre sachent qu’il y a le rôle social de la police, de la gendarmerie. Nous ne sommes pas en guerre certes, mais avec 101 morts, c’est comme si personne n’était à l’abri », souligne le président de la Convention des Acteurs Non Etatique de Guinée. A son avis,  lorsque des actions politiques, des accords politiques, les considérations politiques sont ethniquement évalués, ça devient un détournement des valeurs. « L’ethno-stratégie doit cesser dans ce pays : il n’y a aucune ethnie supérieure à une autre. Nous devons nous battre pour ramener l’histoire de la Guinée à la réconciliation nationale, à la paix et au développement », conseille Dr Sékou Koureissy.


A ce stade de l’évolution des violences, dit-il, « il faut que les citoyens, les institutions, le gouvernement, les partis politiques, les organisations de la société civile, le président de la république, que tous ensemble nous prenions la mesure du danger qui nous guette. Il faut que l’Etat engage tous les citoyens et tous ses moyens dans le sens de la préservation de la paix. Il faut éviter le langage de la division et de l’exclusion.’’

Ibrahima Kindi BARRY

621 265 823

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