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Start-up de la semaine : Wala mise sur la technologie blockchain pour digitaliser les échanges monétaires

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L’application Wala, lancée en avril dernier, permet aux utilisateurs de transférer de l’argent gratuitement de téléphone portable à téléphone portable. Présents en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe, ses concepteurs ont de grandes ambitions : “Pousser une population entière à passer de l’argent liquide au digital”.


Samer Saab brandit fièrement un chèque de 100 000 dollars, sous les applaudissements de dizaines de jeunes entrepreneurs du continent africain. Nous sommes à Nairobi le 29 août dernier et la jeune pousse Wala vient de recevoir le prix Zambezi pour l’inclusion financière, remis par le MIT Legatum Center et la fondation Mastercard lors de l’Open Mic Africa Summit.

Actuellement disponible sur Android en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe, l’application a pour ambition de révolutionner le rapport des Africains aux services financiers. Un défi de taille. « C’est un véritable changement d’attitude. Pousser une population entière à passer de l’argent liquide au digital, c’est comme lancer une campagne en vue de changer de monnaie dans un pays », explique le co-fondateur de Wala.

Échanges gratuits

Les quelque 100 000 utilisateurs de l’application peuvent actuellement s’envoyer de l’argent via leur portefeuille mobile en cryptomonnaie, acheter du crédit téléphonique ou internet ou encore payer certaines factures. Mais à la différence des autres plateformes de paiement mobile de la région, les échanges sont totalement gratuits et peuvent se faire d’un pays à l’autre.

La blockchain nous a permis de créer un système totalement ouvert et décentralisé et de réduire les coûts

Des avantages rendus possibles par la blockchain, une technologie permettant de stocker et transmettre des informations de façon transparente, sécurisée et décentralisée. « La blockchain nous a permis de créer un système totalement ouvert et décentralisé, ce qui est révolutionnaire dans des marchés généralement contrôlés par des banques ou de grandes agences de paiement digitaux. Il nous permet également de réduire les coûts car nous ne sommes pas soumis aux mêmes modèles économiques que ces institutions. Via Wala, les utilisateurs utilisent la blockchain, mais nous ne possédons ni leurs données ni les valeurs sur leur portefeuille digital à la différence des institutions financières traditionnelles », explique Samer Saab.

Alors comment la start-up compte-elle engranger des bénéfices ? En prenant des commissions sur les achats et les paiements des utilisateurs grâce à des partenariats avec différents fournisseurs, sans coût additionnel pour le client.

La classe moyenne ciblée

Samer Saab, titulaire d’un diplôme en génie industriel de l’université de Michigan, rencontre la co-fondatrice de Wala, Tricia Martinez, spécialiste en économie comportementale, lors d’un projet de revenu universel à destination de fermières ougandaises. C’est de là que l’idée de Wala est née : « Nous nous sommes rendus compte que lorsque nous transférions l’équivalent d’un an de salaire sur les téléphones portables de ces femmes, leur première réaction était de se rendre vers l’agent le plus proche pour retirer tout cet argent et le garder sous leur matelas. Elles n’avaient donc pas confiance dans leurs portefeuilles digitaux. »

Les deux entrepreneurs américains veulent aller plus loin et proposer une solution qui pousse les utilisateurs à gérer leur argent de manière entièrement digitalisée. Aujourd’hui, Wala ne s’adresse cependant pas en premier lieu aux populations non bancarisées et très pauvres, mais plutôt à la classe moyenne. « Les réflexes que nous avions noté chez les fermières ougandaises se retrouvent à différents degrés dans tous les échelons de l’échelle sociale, jusque chez les personnes salariées et bancarisées. C’est en nous adressant d’abord à cette population relativement aisée et familière des services financiers que nous pourrons ensuite toucher le reste de la population », assure Samer Saab.

La Tanzanie et le Kenya dans le viseur

Prochaine étape pour la jeune pousse américaine : fidéliser les clients dans les pays où l’application est déjà présente, afin de lancer de nouveaux produits financiers dès 2019. À terme, Wala proposera des prêts et des solutions d’épargne. Samer Saab assure également privilégier une approche agressive en termes de croissance, prévoyant d’atteindre le seuil de rentabilité et les deux millions d’utilisateurs d’ici trois ans.

Il lorgne sur le marché tanzanien mais aussi kényan, où M-Pesa, le géant du paiement mobile de l’opérateur téléphonique Safaricom est roi, avec plus de 20 millions d’utilisateurs réguliers. « Nous voulons faire la différence en étant moins chers, plus efficaces et en proposant une utilisation plus agréable », assure-t-il. Jusqu’ici, la formule a en tout cas séduit les investisseurs : l’entreprise a levé environ 1 million de dollars (en equity financing) depuis sa création en 2015.

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