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[Tribune] Commedia dell’arte à la conférence de Palerme sur la Libye

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Marquée par l’imbroglio autour de la présence du maréchal Haftar, mais aussi la communication d’un hôte italien soucieux de montrer qu’il a repris la main sur le dossier libyen, la conférence de Palerme a rappelé à l’auteur de ces lignes la commedia dell’arte, ce genre théâtral italien mettant en scène des comédies improvisées par des acteurs masqués.


«Tutto è perdonato » (« tout est pardonné »), à en croire l’Italie. Après la conférence de Palerme, Paris et Rome seraient enfin sur la même longueur d’onde concernant la question libyenne. Et c’est peu dire que le message a été martelé par le porte-parole de Giuseppe Conte, président du Conseil : « De grands sourires, et beaucoup d’optimisme à l’issue de la réunion. Cette conférence est une seconde étape dans le processus politique libyen après la rencontre de Paris en mai dernier. »


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Le soulagement est palpable du côté des officiels italiens. Car ce rendez-vous, qui se voulait international et inclusif, a manqué d’échouer avant même d’avoir commencé. En cause : l’incertitude entourant la venue de Khalifa Haftar, le maréchal qui contrôle l’est de la Libye, annoncé présent. Puis absent. Puis « en route ».

Haftar pour la photo

En froid avec Rome depuis la mort suspecte d’un étudiant italien en Égypte, mais soutenu par Paris et Le Caire, Haftar aurait-il reçu pour consigne de traîner des pieds, histoire de montrer que rien n’est possible en Libye sans ces deux pays ? Quoi qu’il en soit, à la fin de la première journée, et alors que le doute planait toujours sur sa venue, la communication italienne pouvait enfin triomphalement annoncer : « Haftar est dans l’avion pour Palerme. »

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