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TUERIES DE ZOGOTA : 6 ans après, MDT n’oublie pas

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Pour bon nombre de Guinéens, l’épisode du massacre de Zogoto, un des plus sombres de l’histoire récente de la Guinée, est déjà rangé dans les oubliettes. Mais l’ONG Mêmes droits pour tous (MDT) n’entend pas se résigner à cette amnésie collective. Ainsi, elle vient de porter une plainte près le Tribunal de première instance (TPI) de N’zérékoré, en vue de la réouverture de l’enquête. Dans le viseur de l’ONG qui dit agir au nom des victimes des sinistres événements, la société Vale-BSG Ressources et des préposés de l’Etat. A l’occasion d’une conférence de presse qu’ils ont animée ce 12 septembre à Conakry, les responsables de l’ONG ont étayé les raisons de leur démarche.  

Me Foromo Frédéric Loua ne passe pas par quatre chemins. Selon le président de MDT, il y a un manque de volonté de faire la lumière sur les événements de Zogota. «Après une première plainte déposée contre des agents des forces de l’ordre et de sécurité de la Guinée, force est de constater que l’Etat guinéen a failli à son devoir d’enquêter sur les évènements de Zogota, de poursuivre les responsables et de rendre justice aux victimes», martèle-t-il.

Evoquant le cas de la société Vale-BSG Ressources, et des motifs pour lesquels son organisation entend la poursuivre, il souligne :

La compagnie a aidé à planifier l’action des forces de sécurité. Les preuves que nous détenions démontrent que l’attaque contre les habitants de Zogota a commencé immédiatement après la réunion entre la hiérarchie de la compagnie, les représentants du gouvernement et les commandants des forces de sécurité. L’entreprise a fourni une assistance logistique importante aux forces de défense et de sécurité pour la commission des crimes. Selon plusieurs témoignages concordants, l’entreprise aurait ravitaillé en combustible des véhicules des forces de sécurité dans les heures avant l’attaque. La compagnie s’est engagée à fournir des véhicules pour arrêter les responsables des manifestations, la compagnie a continué à collaborer avec les forces de sécurité après le massacre. C’est vrai que cela a pris beaucoup de temps, mais il fallait qu’on ait des preuves assez solides pour attaquer une société comme elle.

Conséquence, la société est poursuivie pour «Complicité d’assassinat des citoyens de Zogota, de coups et blessures volontaires, dommages à la propriété et incendie volontaire». Mais au-delà, d’autres guinéens sont aussi poursuivis. Il s’agit, énonce Me Pépé Antoine Lamah, de : «l’ancien préfet de N’zérékoré, l’ancien commandant de la région militaire de N’zérékoré, l’ancien patron de la gendarmerie, de la Police et de des escadrons mobile. Nous avons estimé que ce sont ces personnes qui sont allées massacrer les habitants de Zogota»


Par ailleurs, une plainte au pénal qui avait été déposées contre des personnes, elles aussi soupçonnées de complicité, n’a pas prospéré. S’en inspirant, MDT se dit résolue à user de tous les moyens juridiques, y compris au niveau international, pour faire aboutir l’action qu’elle vient d’engager. Pour cela, elle pourrait compter sur des ONG internationales de défense des droits l’homme, comme le FIDH.

A préciser que l’affaire dite de Zogota est une descente des forces de maintien d’ordre dans la localité du même, qui s’était soldée par la mort de six personnes et des dégâts matériels considérables.

Ibrahima Kindi Barry  

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