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Tunisie : ces anciens cadres de l’ère Ben Ali qui ont su rebondir

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Malgré les pressions de la justice transitionnelle, certaines figures de l’ancien régime ont réussi à se refaire une virginité politique.


Les caciques de l’ancien régime se croyaient tirés d’affaire et pensaient que les poursuites judiciaires étaient derrière eux. Mais ils ont été rattrapés par la justice transitionnelle, qui, par le biais de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), leur demande des comptes après les plaintes déposées par des familles de blessés et de martyrs de la révolution. C’est le cas d’Ahmed Friaa, très éphémère ministre de l’Intérieur en janvier 2011.


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Mis en cause en 2012 pour son rôle dans la répression des manifestants, il avait bénéficié d’un non-lieu du tribunal militaire, qui a établi qu’il n’avait pas ordonné aux forces de l’ordre de faire usage de leurs armes. Il sera donc rejugé. Et il n’est pas le seul. Selon des sources proches de l’IVD, 148 convocations ont été adressées à des collaborateurs de Ben Ali, dont Iyadh Ouederni, ancien directeur du cabinet présidentiel, Ahmed Smaoui, ex-ministre des Transports et des Affaires sociales, ainsi que des cadres du ministère de l’Intérieur.

Le processus de justice transitionnelle qui conduit à une conciliation est nécessaire

La démarche de l’IVD suscite la polémique, tant le fait de rejuger une affaire est inhabituel. Mais en la matière et selon une loi adoptée en 2014, la justice transitionnelle fait exception. Les prévenus sont contraints de se présenter devant des chambres spéciales. « Le processus de justice transitionnelle qui conduit à une conciliation est nécessaire. Mais cette démarche de l’IVD s’apparente à celle des tribunaux de l’Inquisition pour satisfaire la haine de sa présidente, Sihem Bensedrine, qui désacralise la justice », assène l’un des avocats d’Ahmed Friaa.

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