Ultimate magazine theme for WordPress.

Tunisie : pourquoi Béji Caïd Essebsi a choisi d’intervenir sur Elhiwar Ettounsi

11

Deux mois après sa dernière sortie médiatique, le président Béji Caïd Essebsi est attendu le 24 septembre sur la chaîne Elhiwar Ettounsi. Un choix de communication stratégique qui lui permet de marquer fortement le début de la rentrée politique.


Après Nessma en juillet dernier, c’est au tour de la chaîne privée Elhiwar Ettounsi de recevoir le président Béji Caïd Essebsi pour un discours en direct, le lundi 24 septembre à 19 heures.

C’est la journaliste Myriam Belkadhi qui sera chargée de l’interviewer pour la première de son nouveau talk show quotidien « Tounes Al Yaoum » (« La Tunisie aujourd’hui »). Une inauguration en grande pompe du nouveau programme de cette journaliste, qui a animé pendant quatre saisons « Tunis 24/7 » sur la même chaîne.

Stratégie de communication

L’idée d’être le premier invité d’une émission politique très attendue dans le pays a contribué dans le choix du média de diffusion, indiquent à Jeune Afrique des sources proches de la présidence. La nouvelle grille des programmes n’étant pas encore actée sur la chaîne publique Al Wataniya 1, là où se déroulent habituellement les grands rendez-vous présidentiels, cela a donc restreint le choix aux chaînes privées.

Cette fois-ci, une seule journaliste d’une même chaîne – en l’occurrence Myriam Belkadhi – sera présente lors de l’exercice. Sans doute une manière d’éviter une nouvelle polémique, à l’image de la dernière interview télévisée du président, en juillet 2018. Deux journalistes étaient alors présents sur le plateau de Nessma : Khalifa Ben Salem, le directeur de la rédaction de la chaîne hôte, et Neji Zaïri, le rédacteur en chef de Mosaïque FM.

Le grand oral du président, qui devait initialement être transmis sur Nessma, Mosaïque FM et Elhiwar Ettounsi, n’avait finalement été diffusé que sur la première, les deux autres médias ayant refusé de transmettre l’interview par souci déontologique. Elles avaient en effet reproché à la rédaction de Nabil Karoui d’avoir uniquement transféré le montage final, avec les questions et les réponses sélectionnées par Nessma, au lieu de l’ensemble des séquences.

Pour cette nouvelle intervention du président, les accusations de mise en scène ne semblent pas y avoir leur place. L’interview se déroulera en direct, dans une volonté d’essayer de nouvelles choses, a indiqué à Jeune Afrique une source au sein du palais.

Elle portera notamment sur la situation économique du pays mais également sur la crise politique au sommet de l’État, particulièrement sur le maintien ou non du Premier ministre Youssef Chahed. Si certains observateurs évoquent la possibilité d’une annonce sur l’activation de l’article 99 de la Constitution, qui permet au président de demander à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de renouveler sa confiance au gouvernement, un haut fonctionnaire semble avoir du mal à y croire.

« Connaissant le président, il me semble peu probable qu’il aille jusqu’à activer l’article 99. Ce qui est sûr, c’est qu’il compte donner ce [lundi] soir des explications aux Tunisiens sur la situation politique et peut-être révéler sa stratégie pour une sortie de crise », confie-t-il, sous couvert d’anonymat.

Myriam Belkadhi, star de l’interview politique

La journaliste politique, qui s’était fait connaître sur la chaîne Nessma avant de la quitter en 2014, n’en est pas à sa première interview d’homme politique.

Lors de la visite officielle du président français Emmanuel Macron en Tunisie, en février 2018, c’est elle qui l’avait accueilli sur le plateau d’Elhiwar Ettounsi. C’est encore elle qui avait été choisie pour interroger l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, lors de son passage dans le pays en juin dernier.

Le fauteuil de son émission « Tunis 24/7 » a vu les personnalités politiques et publiques défiler. Myriam Belkadhi y a reçu des figures influentes de la vie publique, à l’image de Bochra Belhaj Hmida, présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe).

commentaires