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VIOLENCES EN GUINEE : des ministres s’expliquent

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Mises à l’index pour leur immobilisme et accusées d’indifférence et de banalisation des meurtres qui, de plus en plus, émaillent les manifestations politiques en Guinée, les autorités guinéennes sortent de leur mutisme. Ainsi, ce vendredi, trois membres du gouvernement étaient face à la presse pour donner des explications. Dans le lot, il y avait les ministres de la Justice et de la Sécurité, directement interpellés par les courriers du premier ministre. A leur côté, on avait également le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, tutelle des motifs politiques de la crise. Leur homologue de la communication, en ce qui le concerne, a joué le rôle de modérateur.

Particulièrement ciblé par les récriminations de l’opposition dont les partisans dénoncent le fait qu’aucune enquête n’ait été menée suite aux assassinats perpétrés lors des manifestations, le ministre de la Justice se défend. Certes, admet-il, lors des manifestations, « il y a des faits de violences graves qui entrainent des morts et des blessés graves à la fois de la part des manifestants, mais aussi de la part des forces de l’ordre ». Mais poursuit-il, sans sourciller, « chaque  fois qu’il y a mort d’hommes ou de blessés graves dans notre pays,  la justice ouvre une information judiciaire » et que, « quand une information est ouverte, les victimes sont avisées ». En gros, selon Cheick Sako, les allégations faisant de l’apathie de la justice sont infondées. « Je voulais dire solennellement que chaque fois qu’il y a mort dans notre pays, la justice fait son travail contrairement à ce qui est dit », répète-t-il.

A sa suite, le ministre de la Sécurité, dont les troupes sont accusées de perpétrer les meurtres,  met également en doute ces allégations. Alpha Ibrahima Keira tient d’ailleurs à rappeler qu’au cours des mêmes manifestations, 13 agents des forces de l’ordre ont perdu la vie dont, précise-t-il, « au moins 5 à 6 par balles ». Revenant ensuite au maintien de l’ordre, en tant que tel, le ministre, invoquant les principes, déclare :


Nos policiers qui interviennent dans le cadre du maintien de l’ordre sont régis par une loi qui n’autorise pas nos hommes à utiliser les armes létales. Ce sont les armes conventionnelles. Et chaque fois que nos hommes doivent intervenir sur le terrain dans le cadre du maintien de l’ordre, il y a une inspection qui est entreprise pour  fouiller tous les agents un à un, vérifier dans les véhicules qui les transportent  s’il n’y a pas d’arme létale. Même les armes blanches sont interdites.

En ce qui le concerne, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, a entre autres fait le bilan du processus de mise en place des exécutifs communaux. A propos, le général Bouréma Condé a déclaré : « Nous sommes  pratiquement à 96 % (322 sur 342) de la mise en place des élus ». Quoique, reconnait-il : « la mise en place de ces conseillers a été émaillée d’incidents partout et des marches ont été annoncées ».  Sauf que, poursuit-il : « la marche ne s’improvise pas, une marche politique se prépare et les préalables, c’est une demande adressée  non pas aux préfets, ni aux gouverneurs, ni au ministre de l’Administration du territoire, mais aux maires de la commune sur le territoire sur lequel se passe la marche, se passe le meeting».

A préciser que ce n’est pas une « demande » qu’on adresse aux maires, mais une « lettre d’information ».

Balla Yombouno

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