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WURI : les personnes handicapées de Guinée consultées par les experts

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Dans le cadre du Programme d’identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’ouest (WURI), le siège de la Banque mondiale en Guinée, a servi de cadre, le mardi 27 novembre 2018, à un atelier de consultation des personnes en situation de handicap. Devant déboucher, in fine, sur un meilleur accès des citoyens de l’Afrique de l’ouest aux services qui sont offerts dans leurs pays respectifs, le projet se veut en conséquence le plus inclusif possible. Aussi, ceux qui ont en charge de la sa mise œuvre prennent tout particulièrement toutes les précautions requises pour s’assurer que les couches vulnérables, souvent ignorées par les processus d’identification classiques, ne seront pas, cette fois, à la marge. D’où cet atelier qui a réuni des responsables des structures d’encadrement des personnes handicapées à travers tout le pays.

                   Ibrahima Sory Keïta

Au cours des échanges instaurés notamment via des travaux de groupes, les participants ont identifié l’ensemble des facteurs pouvant entraver leur identification. Des facteurs allant de la conception culturelle qu’on se fait du handicap et de ceux qui en sont porteur aux sites d’enrôlement et aux dispositifs techniques qui ne sont pas toujours adaptés aux différents types de handicaps. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le travail aura réjoui Ibrahima Sory Keïta, conseiller du premier ministre en charge des Télécoms et de l’Economie numérique, et coordonnateur du projet WURI. Précisant que le programme WURI a comme finalité de « s’assurer que chaque résident sur l’ensemble du territoire de l’Afrique de l’ouest a un identifiant unique qui aboutit à une pièce d’identité reconnue par le gouvernement et qui lui permet d’accéder à un certain nombre de services prévus par l’Etat pour sa catégorie« , il a néanmoins conscience que « les personnes handicapées font partie des catégories ; dont on peut dire qu’elles ont davantage de difficultés à se faire enregistrer (identifier) parce que nos Etats (Afrique de l’ouest) ne sont pas toujours préparés à recevoir les personnes en situation de handicap. Car nous n’avons pas d’aménagement particulier qui tient compte de leur situation et nous n’avons pas non plus de canaux de communication qui prennent en charge leur spécificité ». Conséquence, poursuit-il : « Si nous ne nous entourons pas d’un certain nombre de précautions, beaucoup de membres de cette catégorie seront exclus dans une

                              Hassatou Bah

activité qui se veut pourtant inclusive ».

Pour sa part, Hassatou Bah, assistante de direction à l’ONG Guinée Solidarité Mamou dit reconnaître toute la pertinence de cette démarche préliminaire. Participant aux campagnes de recrutement des pensionnaires du Centre Konkouré (spécialisé en formation des personnes handicapées motrices) de Mamou, elle a conscience des difficultés qu’on peut rencontrer dans l’identification des personnes en situation de handicap. « Si vous allez dans une famille dont un des enfants est handicapés et que vous demandez au père ou à la mère combien d’enfant ils ont ; s’ils ont trois enfants valides et l’enfant handicapé, ils ne déclarent que les trois valides. Donc, l’enfant handicap n’est pas comptabilisé », raconte-t-elle.


C’est ainsi qu’à l’issue des débats, une des recommandations phares de la rencontre aura été que les personnes handicapées par le biais notamment des structures d’encadrement soient associées à tout le processus. Leur implication pouvant, estime-t-on, aider à dissiper craintes et appréhensions en rapport à la perception du handicap.

Boubacar Sanso BARRY

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